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La marée rejette une étrave de goélette… sur son possible lieu de naissance

Publié le 16 juin 2026 à 16:35, modifié le 16 juin 2026 à 17:11

Par: Jean-Baptiste Leveque

Un heureux hasard a fait surgir de l’eau une pièce de goélette sur la rive du Musée maritime de Charlevoix. Il pourrait s’agir d’une étrave appartenant au dernier bateau à avoir été construit sur le site même du musée, à Saint-Joseph-de-la-Rive. Elle était disparue depuis plus de trente ans.

Une guide-interprète du Musée maritime de Charlevoix ramassait des déchets sur la plage, lorsqu’elle a aperçu un imposant morceau de bois rejeté par la marée.

« J’étais surprise! », confie Gabrielle Léveillé. « J’ai remarqué qu’il y avait comme une grosse planche qui était dans la glaise, puis après ça, j’ai remarqué qu’il y avait des chiffres romains dessus. Donc je me doutais que probablement que c’était un tirant d’eau », a déduit l’employée du musée.

Les premières analyses poussent à conclure qu’il s’agit d’une étrave, cette pièce qui fend les eaux à l’avant d’un navire. Le chiffre XIII indique qu’il serait de grande taille.

« Avec une quille, vous avez un fond rond et le bateau s’enfonçait davantage dans l’eau et c’était un peu normal que l’échelle de tirant d’eau puisse se rendre jusqu’à 13 pieds », explique le conseiller scientifique du musée, Hubert Desgagnés.

Les recherches pointent depuis vers le Mont-Sainte-Marie, la dernière goélette construite sur le chantier maritime de Saint-Joseph-de-la-Rive.

« On se croise les doigts parce que le bateau a été construit sur place et cette pièce-là revient sur les lieux de sa naissance ni plus ni moins si c’est le cas. Habituellement, on doit appeler et courir après des artefacts, c’est très rare que des artefacts viennent nous visiter directement! », avoue M. Desgagnés.

Un incendie avait ravagé la goélette en 1998. L’étrave pourrait donc être un témoin précieux pour la collection de l’institution muséale.

Hubert Desgagnés « espère que cette pièce-là va nous raconter assez pour qu’on puisse présenter ça au public et faire en sorte que les visiteurs du Musée maritime disent : ce n’est pas un morceau de bois anonyme qu’ils ont mis là pour faire beau, c’est vraiment une pièce d’une épave d’un bateau qui a été construit ici ».

La pièce de bois sera mise au sec et nettoyée pour une analyse plus poussée. En parallèle, le musée recherche d’autres photographies de la Mont-Ste-Marie pour pouvoir comparer l’avant du bateau et l’artefact rejeté par les eaux.