Jour de la réconciliation : un long chemin vers l’autonomie des communautés autochtones
Publié le 30 septembre 2025 à 16:19, modifié le 11 novembre 2025 à 15:01
Par: Félix Côté
Cela fait maintenant dix ans que le Canada s’est doté d’une Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Une journée pour se souvenir, mais aussi pour mesurer les progrès réalisés avec les peuples autochtones. On note différents avancements mais la route vers l’autonomie est encore longue.
Lors des dix dernières années, plusieurs cérémonies et commémoration ont permis aux communautés autochtones de mettre de l’avant leurs cultures, leurs langues et leurs traditions. Il s’agit d’un pas important puisqu’auparavant leur identité leur avait été retirée.
« Notre voix sera éventuellement entendu globalement. Donc ça commence un peu à grandir », affirme la coordonnatrice de la langues et la culture de Gesgapegiag, Automne Serge Jerome.
« On met de l’avant notre langue, notre culture, et on reconstruit notre identité, celle que nous avons perdu dans ces écoles », ajoute le coordonnateur de la langues et la culture de Gesgapegiag, Dylan Hayes.
Le membre du conseil de bande de Listuguj Chris Wysott affirme toutefois les démarches reste symbolique. Il note que plusieurs barrières structurelles existent toujours et que ce sont ces freins qui empêchent les communautés de devenir autonomes.
« Lorsque nous allons sur nos terres pour tenter de les protéger, en fait, toutes les terres qui nous appartiennent, ils appellent les autorités policières, l’armée et n’importe qui pour venir et nous arrêter », explique l’intervenant social et membre du conseil de Listuguj, Chris Wysott.
Pour lui, Ottawa et Québec ne traitent pas réellement les communautés comme de vrais partenaires. Les ententes sont négociées à sens unique, et les décisions structurantes sont encore trop souvent imposées. Selon lui les prochaines décisions seront garantes des 10 années à venir.
« Je veux être certain que tout ce que nous faisons aujourd’hui sera fait correctement pour les prochaines générations pour les 10 prochaines années parce que pour ce qui est des 10 premières, c’est aller très lentement », poursuit M. Wysott.
Ce même constat résonne aussi chez certains allochtone, cette résidente de Charlo affirme que les gouvernements ont passé les dix dernières années à faire des cérémonies et à dire qu’ils sont ouverts à la discussion toutefois elle affirme qu’il est temps que ce vrai dialogue commence.
« Nous sommes supposés, être inclusif et respectueux de la culture, de leur manière et leurs droits », lance Cara-Lee Hammond.
Bien que la journée de la vérité et de la réconciliation soit importante pour se rappeler des atrocités faites aux enfants autochtones, les communautés souhaitent que leur histoire ne soit pas réduite à une seule journée dans l’année.