Instauration du bac brun dans Avignon et Bonaventure : un projet qui avance lentement
Publié le 31 octobre 2025 à 15:26, modifié le 28 octobre 2025 à 15:35
Par: Louis-Philippe Morin
Le projet d’instaurer des bacs bruns pour récupérer les matières organiques dans les MRC de Bonaventure et Avignon date de 2021… Quatre ans plus tard, la couleur des bacs n’a pas changé.
Le bac bleu et le bac vert font partie du quotidien des gens des MRC Avignon et Bonaventure. Par contre, on attend toujours le bac brun. C’est que, pour l’instant – et comme 70% des municipalités au Québec – la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles attend une nouvelle étude pour aller de l’avant.
« Imaginez-vous donc, même si on s’en doute déjà de la réponse… On vient de donner un mandat à la fin du mois d’août pour qu’une entreprise vienne caractériser ce qu’on enfouit afin de déterminer le volume de matière compostable qu’on pourrait détourner de site de l’enfouissement. », nous dit Éric Dubé, président de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles.
Québec avait décidé de rendre obligatoire le bac brun partout en province d’ici la fin de cette année. Mais la COVID est venue retarder le projet… aussi, le gouvernement donne un délai supplémentaire aux municipalités. Heureusement pour la région.
« La voie qu’on a décidé de prendre pour y arriver, c’est de se mutualiser les 24 municipalités des deux MRC. Il a fallu créer une régie et est venue l’opportunité d’ajouter le LET. Le gérer le LET dans la régie et c’est ce qu’on a fait. Toute cette procédure-là a pris plusieurs années. Ce n’était pas prévu initialement, mais c’est une opportunité qu’on devait se faire. », poursuit le vice-président de la Régie, Mathieu Lapointe.
Pour la suite des choses, on attend la fin de l’étude de caractérisation des ordures avant de poursuivre le projet… qui doit encore être évalué et approuvé par les fonctionnaires.
« Là, si on veut faire du compostage, ça nous prend une plateforme de compostage… Une grande dalle de béton. Mais, pour être capable… Le ministère, pour aller plus loin, dans cette démarche-là, ce que le ministère exige, c’est qu’il faut déterminer la grandeur de surface qu’on a besoin. », soupire monsieur Dubé.
Si certains souhaitent l’apparition des bacs bruns…
« S’il y en avait, ça m’inciterait à en faire. Mais… Là, on ne peut pas le faire d’une manière ou d’une autre. Mais c’est ça. Mais oui, moi je serai pour ça. », croit cette dame.
« Ça me fait de quoi. Parce que, je veux dire, normalement on devrait en faire. », estime cet homme.
D’autres se demandent bien le prix de la facture… et si on n’a pas déjà passé le point de bascule.
« Moi ça ne me dérange pas trop. Je n’ai pas beaucoup de compost. Alors, moi ça fait mon affaire le bleu et le vert. », raconte cette autre dame.
Parce qu’en attendant que le bac brun se joigne aux autres bacs domestiques, il y a moyen d’accélérer le processus.
« Les bacs à compost à la maison demeurent le meilleur moyen tout de même pour composter. Là, on réduit l’empreinte environnementale. On n’a pas besoin de déplacer ces matières organiques là. Oui, si les gens veulent le faire, c’est une excellente idée de le faire à la maison. Ça demeure un moyen très pertinent encore aujourd’hui. », sourit monsieur Lapointe.
Le message se recycle… mais n’est pas encore aux poubelles. Le bac brun viendra compléter le trio bleu et vert, mais pas de sitôt.