Industrie forestière : la vision de Legault ne passe pas dans Charlevoix
Publié le 18 novembre 2025 à 16:22, modifié le 20 novembre 2025 à 12:30
Alors que le projet de loi sur la modernisation du régime forestier est au point mort, la déclaration du premier ministre du Québec sur les pertes d’emploi possibles dans l’industrie sème l’inquiétude et l’incompréhension dans Charlevoix.
Face aux tarifs américains de 45 % sur le bois d’œuvre, François Legault estime que l’industrie forestière pourrait perdre jusqu’à 30 000 emplois, soit un sur deux à la grandeur du Québec.
« Un coup que l’annonce est sortie, je vous dirais que ça a fait comme un choc. 30 000 sur 60 000, ça fait beaucoup d’emplois, puis ça a passé pratiquement comme si c’était une banalité », déplore Éric Marinoff, président du Syndicat des travailleurs et des travailleuses du papier de Clermont.
À l’usine Domtar, même si le carnet de commandes est plein, on craint des conséquences à long terme.
« Une fermeture à Clermont serait l’équivalent d’une fermeture à Petit-Saguenay. Eux autres, la scierie c’est le cœur du village, c’est le plus gros employeur de la place. Et bien nous autres, chez nous, ça serait pratiquement la même chose », prévient le président du syndicat.
Même son de cloche à Saint-Hilarion, où le Groupe Lebel exploite une scierie. Le maire croit que l’impact serait majeur dans la région.
« C’est toute la chaîne économique qui est liée à ça. On parle de la scierie de Saint-Hilarion, mais on parle aussi de tous ceux qui récoltent le bois, on parle de ceux qui transportent le bois », précise Patrick Lavoie.
Plutôt que de requalifier les travailleurs, le préfet de la MRC de Charlevoix demande au gouvernement de soutenir financièrement les entreprises. « Ce marché-là va reprendre un jour, donc là qu’est-ce qu’on fait en attendant pour pouvoir s’assurer que nos entreprises vont perdurer? », questionne-t-il.
En marge d’une annonce dans le domaine éolien à Cacouna, le premier ministre se défend de vouloir abandonner le secteur.
« On va aider toutes les entreprises qui ont des projets pour diversifier leur marché dans le reste du Canada, en Europe, en Asie, être capable aussi d’avoir plus de valeur ajoutée », affirme François Legault, qui prévient toutefois que les impacts des politiques de Donald Trump sont inévitables.
Le nouveau ministre des Ressources naturelles et des Forêts et ministre responsable de la Capitale-Nationale, Jean-François Simard, sera dans Charlevoix jeudi pour rencontrer les maires de la région. La survie de l’industrie forestière fera partie des enjeux discutés.