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Guerre commerciale : du bois américain taxé à 45% par les États-Unis

Publié le 8 décembre 2025 à 17:47, modifié le 8 décembre 2025 à 19:10

Par: Charles Boisvert

L’industrie forestière traverse une période difficile. Plusieurs entreprises sont durement touchées par les tarifs douaniers américains de 45 %. La situation est particulière pour l’usine du Groupe Lebel à Saint-Pamphile, qui est située tout près de la frontière américaine.

À l’usine, des camions transportent du bois qui provient des États-Unis directement dans la cour arrière.

« Ce bois-là est transformé ici, et une partie de ce bois-là est renvoyée sur les marchés américains. Ce bois-là, qui est renvoyé est touché actuellement par des droits et des tarifs », explique Pierre-Olivier Morency, directeur croissance et innovation du Groupe Lebel.

Située à sept kilomètres du Maine, la scierie s’approvisionne à 50 % chez nos voisins du sud. En retraversant la frontière, ce même bois est taxé à 45 %, même s’il est, à l’origine, américain.

« C’est complètement injustifié. C’est comme si on avait un vent de face », mentionne Pierre-Olivier Morency.

En compétition avec d’autres marchés

Dans ce contexte, les partenaires américains de longue date du Groupe Lebel se tournent vers d’autres marchés, comme l’Europe. Le bois suédois, par exemple, est taxé à 10 %. Résultat : l’usine de Saint-Pamphile a diminué ses exportations de 50 à 15 %.

« Ça nous met dans une situation très inconfortable, et ça nous donne un argument de plus pour dire aux instances américaines : “écoutez, nous on transforme votre bois ici à Saint-Pamphile. On vous le renvoie, puis on est taxé à 45 %” », déplore Pierre-Olivier Morency.

La rentabilité de l’usine, qui emploie 150 travailleurs, est fragilisée. D’autant plus que le marché de la construction résidentielle aux États-Unis — son principal secteur de vente — fonctionne au ralenti en raison d’une basse demande. La seule solution est de demander aux élus canadiens de continuer à mettre de la pression sur Washington.

« On a comme deux épines dans le pied », image Pierre-Olivier Morency.

« On est vraiment inquiet de la situation », mentionne Mario Leblanc, maire de Saint-Pamphile.

« Le produit économique le plus important »

L’industrie forestière est au cœur de l’économie à la Ville de Saint-Pamphile. Cette inquiétude est d’ailleurs partagée par plusieurs municipalités frontalières.

« On vit de ce produit-là depuis que Saint-Pamphile a été fondé, alors pour nous, l’industrie du bois est vraiment la chose la plus importante qu’on a dans notre région économiquement », indique Mario Leblanc.

Malgré les difficultés, Pierre-Olivier Morency garde espoir que le vent tourne.

« L’industrie forestière, c’est un marché qui est cyclique. On a vu des hauts et des bas et on en est toujours sorti gagnant », mentionne-t-il.

Pour poursuivre ses activités, l’usine devra toutefois s’adapter. Elle souhaite diversifier ses marchés et développer de nouveaux produits, toujours avec l’objectif de conserver l’ensemble de ses travailleurs.