Protection du caribou : l’accord Canada-Québec vu d’un bon œil
Publié le 7 juillet 2026 à 16:43, modifié le 7 juillet 2026 à 16:43
Une entente de 25 M$ entre Québec et Ottawa a été annoncée la semaine dernière pour la protection du caribou. Cet accord est considéré comme un pas important, autant par des écologistes que des entreprises forestières. Mais l’incertitude demeure sans plan de rétablissement.
Deux ans après une menace de décret par le gouvernement fédéral pour protéger plusieurs populations de caribous, l’entente conclue avec le Québec annonce un retour au dialogue. Des intervenants sont soulagés.
« C’est un pas dans la bonne direction. Nous, ça fait plusieurs années qu’on demandait une collaboration entre le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada sur ce dossier-là », réagit Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation pour la Société pour la Nature et les Parcs du Canada – Section Québec.
Le geste d’Ottawa est aussi vu comme une reconnaissance des compétences provinciales.
Steeve St-Gelais, président de l’entreprise Boisaco, considère que « c’est aussi le provincial qui est le mieux placé pour tenir compte de tous les enjeux et de toutes les considérations. Donc il y a des enjeux qui sont quand même fondamentaux pour les communautés forestières, pour les travailleurs, pour les citoyens qui sont concernés. »
Étalée sur cinq ans, l’aide financière servira à instaurer des mesures supplémentaires de restauration de l’habitat, comme le reboisement de chemins forestiers ou des travaux sylvicoles. Mais le montant est jugé insuffisant par certains.
« Ça a l’air de rien comme ça, mais protéger des territoires, ça prend des sous, c’est des démarches de concertation, c’est des discussions avec les acteurs. C’est peut-être éventuellement des compensations aussi pour les communautés forestières », prévient Pier-Olivier Boudreault.
Et la stratégie globale pour le rétablissement de l’espèce se fait toujours attendre. L’absence de vision claire crée de l’insécurité.
« À cause de plein d’éléments qui se sont ajoutés et qui viennent un peu soustraire ou en tout cas faire que les secteurs sont évités sans avoir nécessairement un statut, bien on finit par avoir un grave manque de prévisibilité », déplore Steeve St-Gelais.
Le directeur de la conservation de SNAP Québec ajoute que « ça serait extrêmement gênant d’arriver mettons l’année prochaine et de dire : on n’a toujours pas de stratégie pour l’ensemble du caribou, même si on met en place des actions de suivi, si on contrôle les prédateurs ».
L’aide du Canada n’est pas pour autant un chèque en blanc. Québec devra rendre des comptes à chaque année.
Quant aux caribous de Charlevoix, le ministère de l’Environnement ne dévoile pas encore quelles sommes leur seront consacrées.