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Gaspillage alimentaire : l’IA au service d’un grand hôtel

Publié le 3 mars 2026 à 11:06, modifié le 3 mars 2026 à 11:10

Par: Jean-Baptiste Leveque

Fairmont Le Manoir Richelieu réduit son gaspillage alimentaire grâce à l’intelligence artificielle. Le plus grand hôtel de Charlevoix a diminué ses déchets comestibles de 32% en presque deux ans. L’établissement veut être un modèle de développement durable et ne compte pas en rester là.

En 2024, l’équipe du Manoir Richelieu installe dans ses cuisines des poubelles intelligentes. Elles pèsent et photographient les aliments qui y sont jetés.

« Ça nous permet d’étudier, de faire des rapports hebdomadaires pour pouvoir mieux travailler avec les chefs et les équipes en salle, pour identifier justement ce qu’on gaspille, et ce qu’on pourrait ne pas gaspiller au final », explique Eleonore Hazart Garnier, adjointe de direction et responsable du développement développement durable pour l’établissement.

Celle qui assure la gestion des déchets nous montre les données qu’elle reçoit sur son ordinateur. « Là on va avoir les aliments qui vont être le plus jetés. On va avoir accès aussi aux photos, donc là on voit que c’est le pain, la viande, les fruits, les sandwiches », décrit-elle.

L’outil permet de limiter le gaspillage à moins de 151 grammes par clients. Et il est aussi utilisé par les 360 employés de l’hôtel.

« C’est assez intuitif. Ça fait bien, ça a été bien mis en place, je pense que les équipes ont été bien formées », souligne le directeur culinaire de l’hôtel, Christophe Annerose.

« C’est un sujet qui n’est pas du tout nouveau, mais qui concerne tout le monde et tous nos employés », ajoute Eleonore Hazart Garnier.

La technologie coûte près de 1 000 $ par mois. Mais elle permet aussi de diminuer les coûts en nourriture.

« En général c’est la viande qui coûte le plus cher, donc c’est ça qui est le plus difficile pour nos chefs en termes de juger la quantité. Là on peut voir que c’est l’équivalent de 5 $ de gaspillé par jour », montre la responsable sur son écran.

Le directeur culianire a la responsabilité de plafonner ses achats. « Il faut regarder aussi les produits les plus coûteux. Il faut essayer d’avoir un meilleur retour, moins de pertes », précise Christophe Annerose.

Allier efficacement économie et environnement est donc possible. Et l’établissement veut poursuivre la réduction de ses déchets.

« Ça fait partie de notre ADN, c’est quelque chose qu’on met en pratique à tous les jours, que ça soit dans tous nos départements, donc c’est ça aussi qui est formidable et c’est quelque chose qu’on ne souhaite pas arrêter et on souhaite toujours continuer et on cherche toujours des nouveaux projets à entreprendre », avance fièrement Eleonore Hazart Garnier.

Avec ses 400 chambres, Le Manoir Richelieu vise aussi la carboneutralité et veut réduire sa consommation d’énergie de 30 % d’ici 2030.