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Fonds de pension amputé : un dur coup pour les retraités de F.F. Soucy

Publié le 24 février 2026 à 16:26, modifié le 25 février 2026 à 16:16

Par: Charles Boisvert

Les répercussions de la faillite de l’usine F.F. Soucy de Rivière-du-Loup continuent de se faire sentir. Les retraités ont pris part vendredi dernier à une rencontre avec le syndicat Unifor. Ils ont eu la confirmation qu’ils vont perdre une bonne partie de leur fonds de pension.

Serge Beaulieu a travaillé pour F.F. Soucy pendant 34 ans. L’amputation de son fonds de pension crée chez lui un sentiment d’insécurité.

« Bonne chance à tout le monde », lance-t-il en soupirant. « Est-ce qu’on va en avoir assez pour vivre? Ça fait ordinaire. On se serait passé de ça ».

Le coup est dur à encaisser surtout pour ceux qui ont pris leur retraite avant 2012. Leur fonds de pension est réduit de 60 %. Pour ceux après 2012, la diminution est de 20 %.

« Il faut s’asseoir et calculer. On est habitué de rouler avec les salaires qu’on gagne. À la retraite, tu te dis qu’il te reste plus long à vivre. Est-ce que j’en laisse aux héritiers ou je m’amuse avec ce que j’ai gagné dans ma vie? », mentionne Serge Beaulieu, qui est également président de l’Association des retraités syndiqués du papier de Rivière-du-Loup.

Des centaines de dollars en moins par mois

Chaque employé étant un cas unique, il est difficile d’évaluer la perte nette dans les poches des retraités. Pour Serge Beaulieu, elle se chiffre à des centaines de dollars par mois.

« Ceux avant 2012, je vais prendre mon cas, parce que je suis un peu là-dedans, c’était une rente d’à peu près de 800 à 1300 dollars brut qu’on avait par mois. C’est ce qui va être amputé de 60 %. », indique-t-il.

Ceux qui ont pris leur retraite avant 2012 ont une certaine impression de déjà-vu. Après une faillite en 2010, l’entreprise avait été relancée après une restructuration. Leur fonds de pension avait été amputé de 52 % à ce moment-là.

« Disons que ça fait ben ordinaire. Comme j’ai déjà dit, je ne pensais pas que ça allait m’arriver deux fois dans la même vie. », ajoute Serge Beaulieu.

Environ 220 retraités sont touchés.

« Disons que ça ne m’empêchera pas de manger demain matin, mais le crémage sur le gâteau, s’il reste du gâteau, il va être pas mal moins épais. », image-t-il. « Ce qui est insultant, c’est que c’est de l’argent qu’on a gagné. »

Retourner travailler?

Retourner sur le marché du travail devient donc envisageable pour ces citoyens. Si pour les plus jeunes, c’est réaliste, ce sera difficile pour les plus âgés.

« La retraite, ça vient avec le pot de pilules. Il y a tout le temps des petits bobos qui sortent. Vendredi, j’ai parlé avec des retraités, ils disaient qu’ils se sont fait poser un stimulateur cardiaque ou changer un genou. », raconte Serge Beaulieu. « Les espoirs de travailler, il y en a moins ».

Serge Beaulieu déplore aussi que les rentes ne soient pas indexées pour suivre l’inflation.

« À toutes les fois que l’inflation monte, on baisse d’un bord et on se fait couper de l’autre. Et la paye elle diminue des deux bords. Ça fait beaucoup », conclut-il.

Les retraités gardent espoir de récupérer des sommes supplémentaires à la fin du processus de faillite.