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Fin du programme RénoRégion : les régions paient le prix fort

Publié le 3 avril 2025 à 17:13, modifié le 3 avril 2025 à 17:15

Par: CIMTCHAU

L’abolition du programme RénoRégion par le gouvernement du Québec continue de faire réagir. Le programme, qui nécessitait environ 15 millions de dollars par année, n’a pas été reconduit dans le budget 2025-2026. Une décision qui provoque la colère des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent.

Dans des MRC comme Les Basques ou le Témiscouata, considérées parmi les plus défavorisées au Québec, la fin de RénoRégion frappera fort. Les élus, eux, n’ont pas fini de décolérer.

RénoRégion était une aide précieuse pour les citoyens à faible revenu vivant en milieu rural, leur permettant d’effectuer des rénovations majeures sur leur maison.

« Dans la MRC des Basques, c’est une catastrophe qu’on doive couper ce programme-là », déplore Bertin Denis, préfet.

Pour Bruno Paradis, président de la TREMBSL, la décision est tombée comme une tonne de briques :
« On était sous le choc, l’ensemble des élus. C’est encore le cas plusieurs jours plus tard, parce que c’était non seulement un problème qui est important, mais surtout, ça s’adressait aux plus démunis. »

Les critères d’admissibilité du programme incluaient un revenu annuel de moins de 30 000 $ pour une personne seule ou un couple, et une maison dont la valeur ne dépassait pas 150 000 $. Et les besoins étaient bien réels : dans Les Basques seulement, plus de 85 demandes étaient en attente, soit trois ans de demandes déjà accumulées.

Les projets déposés concernaient souvent des travaux essentiels : galeries, fenestrations, toitures qui coulent. Un programme dont bénéficiaient majoritairement les aînés.

Selon Denis Blais, maire de Témiscouata-sur-le-Lac, priver ces citoyens d’aide peut entraîner des coûts encore plus élevés pour l’État :
« Quand ces personnes âgées doivent quitter leur maison, elles se retrouvent dans le réseau de la santé, parfois en CHSLD. Ce sont des économies de bout de chandelle. »

En 2021 seulement, le programme avait permis de verser 2,1 millions de dollars aux propriétaires des huit MRC du Bas-Saint-Laurent.

« Ce n’était pas 13 milliards. C’était quelques millions qui faisaient un bien terrible », ajoute Bertin Denis.

Sans soutien, le visage du territoire change. Comme l’explique Denis Blais, maire de Témiscouata-sur-le-Lac :
« Ce que ça cause? Eh bien, quand vous vous promenez dans les territoires ruraux, vous voyez dans les rangs des maisons qui sont inhabitées, qui sont laissées à l’abandon. Et tout simplement, c’est parce que ce sont des maisons qui n’ont pas été entretenues. Et puis, à un moment donné, elles n’étaient plus habitables et les gens les ont laissées là. »

Bertin Denis lance un appel direct à la députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata Amélie Dionne et plus précisément à la ministre de l’Habitation, France-Élaine Duranceau :
« Vous devriez venir vivre dans les maisons de nos rangs. Voir les gens qui occupent le territoire, qui font vivre nos écoles, nos dépanneurs. Venez voir qu’on est au minimum. »

La députée caquiste Amélie Dionne assure de son côté que les besoins de sa circonscription sont bien entendus :
« Je suis pleinement consciente des besoins des citoyens de ma circonscription en termes de logement, et travailler à y répondre adéquatement fait partie de mes priorités au quotidien. »

Elle précise également que d’autres projets de logement abordable pourront se concrétiser dans la région et rappelle un investissement récent de 38 millions de dollars dans le programme d’adaptation de domicile (PAD).

De leur côté, Denis Blais et Bertin Denis souhaitent que les députés provinciaux montent au front pour défendre les intérêts des régions et soutenir concrètement les propriétaires en milieu rural.