Fiducie d’utilité sociale agroécologique : une idée qui prend racine
Publié le 24 octobre 2025 à 14:23, modifié le 24 octobre 2025 à 14:23
Par: Louis-Philippe Morin
Des agriculteurs de Maria lancent une campagne de financement pour que leur terre soit consacrée à l’agriculture biologique à perpétuité. Une idée déjà présente ailleurs au Québec, mais qui pourrait prendre racine ici.
À Maria, sur le chemin à Bouchard, cette terre de 13 hectares et demi deviendra, selon le souhait de ses propriétaires, un lopin disponible pour tous ceux qui veulent cultiver biologique… et ce pour toujours.
« Je suis rendu à 70… Il vient un temps où il faut se dire : peut-être qu’il faudrait passer le flambeau? On s’est dit… Pourquoi ne pas y aller vers une structure ou une façon novatrice. On a pensé à la Fiducie d’utilité sociale pour ça. », nous dit Luc Potvin, copropriétaire des Jardins Viridis à Maria.
Après vérification avec l’UPA de la Gaspésie, les Jardins Viridis deviendront la première FUSA régionale… ou une Fiducie d’utilité sociale agroécologique. En gros, à leur retraite, les agriculteurs cèdent leur terre pour qu’elle devienne un bien commun.
« On s’est dit, en faisant comme ça, ça va faire en sorte que la terre va être disponible, sans que la personne aille à… Qu’elle doive emprunter de façon importante. On va céder la terre pour le prix des taxes et des assurances. La Fiducie cédera aux agriculteurs qui viendront prendre la relève. », poursuit monsieur Potvin.
Plusieurs étapes accompagnent la mise en place de cette. Fiducie. On doit lancer à une campagne de financement pour régler les détails légaux entourant cette innovation. Un geste tout à fait normal pour ceux qui depuis des années profitent des bienfaits de ce qui pousse ici.
« On est des clients réguliers. Il y a une relation de confiance qui s’établit. On est habitué de manger leurs légumes… On devient dépendants un peu. De sentir que ça pourrait disparaître, et on nous demande de donner un petit coup d’épaule à la roue… Pour que ça se poursuivre. Bah c’est facile-facile. », ajoute Pierre Bernier, un voisin mais aussi un des membres du comité de mise en place du FUSA.
Le geste intéressera sûrement les jeunes agriculteurs qui veulent se mettre les mains dans la terre… et qui sont parfois bloqués par le coût astronomique des terres agricoles.
L’idée existe déjà ailleurs dans la province, mais pourrait faire des petits ici… Du moins c’est ce que souhaite la municipalité de Maria qui a fourni des outils pour la mise en place de cette Fiducie d’utilité sociale…
« On sait qu’il y a de la spéculation sur les terres agricoles. Donc, c’est vraiment un moyen de s’assurer qu’il y aura de la production agricole dans notre village, et ça c’est une priorité pour tout le monde… En tout cas pour tout le monde au conseil, mais pour beaucoup de gens dans la communauté aussi. », explique la mairesse de Maria, Patricia Chartier.
Le projet pousse doucement… Et toute la Baie-des-Chaleurs pourra bientôt profiter du fruit de cette FUSA.