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Familles d’accueil : un recours inédit contre Québec

Publié le 30 mars 2026 à 16:29, modifié le 30 mars 2026 à 17:35

Par: Pierre-Marie Nicolas

Les familles d’accueil passent à l’offensive et traînent le gouvernement du Québec devant les tribunaux. Après trois ans de négociations infructueuses, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) dépose un recours à la Cour supérieure, et accuse Québec d’avoir négocié de mauvaise foi.

 

À Maria, dans la Baie-des-Chaleurs, Carole Fournier est famille d’accueil depuis 29 ans. Elle prend soin jour et nuit de six personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Soins d’hygiène, repas équilibrés, activités, moments en famille : ses journées commencent à 6 h et ne s’arrêtent jamais vraiment.

Une vie exigeante, assumée par passion. Mais la hausse du coût de la vie fragilise son quotidien. « L’essence augmente, l’épicerie surtout », témoigne-t-elle.

13,48 $ par jour : un montant jugé insuffisant

Pour couvrir les dépenses de base d’un résident, les familles d’accueil reçoivent 13,48 $ par jour. Un montant nettement insuffisant, selon le vice-président de la CSD, Kaven Bissonnette, qui souligne que les familles d’accueil doivent régulièrement puiser dans leurs propres poches pour combler l’écart.

Il dénonce aussi un traitement inéquitable : les ressources intermédiaires, des entreprises incorporées offrant les mêmes services d’hébergement,  reçoivent 36,7 % de plus pour la même nourriture et les mêmes soins de base.

Un filet social avantageux pour l’État

Le syndicat fait valoir que les familles d’accueil hébergent 21 000 usagers dans le réseau de la santé sans que le gouvernement ait à gérer les infrastructures ni le personnel, contrairement aux CHSLD ou aux hôpitaux.

« Je suis sur mes derniers milles. Je ne serai pas éternelle, ils vont aller où ces gens-là après? J’en ai un, ça fait 22 ans qu’il est ici. Ce n’est pas rien. », Carole Fournier, famille d’accueil depuis 29 ans.

Pour Carole Fournier, ses résidents sont sa famille. Mais elle se demande combien de temps elle pourra encore tenir. Ce qu’elle demande au gouvernement : être reconnue à sa juste valeur.

Son inquiétude est partagée : en Gaspésie seulement, dix familles d’accueil ont déjà fermé leurs portes, faute de rémunération adéquate.