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Espace envahissante au lac Nairne : la baignade et la navigation suspendues

Publié le 20 août 2025 à 13:47, modifié le 20 août 2025 à 13:47

Par: Jean-Baptiste Leveque

Face à la présence d’une nouvelle espèce envahissante, le myriophylle à épis, la baignade et la navigation ont été suspendues sur le lac Nairne. Du jamais vu à Saint-Aimé-des-Lacs, où la santé du lac préoccupe l’ensemble des riverains.

C’est le calme plat sur le lac Nairne.  « C’est une première, puis je vais te dire, je ne pensais jamais voir ça, moi, le lac fermé », s’étonne André Simard, un villégiateur qui fréquente le lac Nairne depuis des décennies.

Après la découverte de myriophylles à épis, une espèce envahissante, la municipalité a émis vendredi la directive de ne plus se baigner, ni naviguer. « Si on veut faire travailler les experts autour du lac, ça nous prenait le courage d’agir, puis on le fait le courage d’agir, tout en se parlant ensemble », clame la mairesse de Saint-Aimé-des-Lacs, Claire Gagnon.

La municipalité et l’Association de protection de l’environnement du lac Nairne (APELN) travaillent de concert sur le dossier. Ils doivent d’abord identifier l’ampleur du problème. « La cartographie est nécessaire pour dire : regarde là, il y a des myriophylles à épis à tel endroit. Est-ce qu’il y en a ailleurs? C’est l’étendue qui va être à vérifier », précise la mairesse Gagnon.

L’espèce n’est pas dangereuse pour les humains, mais toxique pour le lac. Elle se reproduit rapidement, surtout quand elle est fragmentée. Selon Simon Cloutier, président de l’APELN, les riverains prennent la situation au sérieux. « Samedi, alors qu’il faisait presque 30° dehors, au soleil, il n’y avait aucune embarcation sur le lac. Donc malgré le fait que cette directive déplaît, les gens s’y sont conformés. »

André Simard pense que les embarcations sont souvent visées à tort comme source du problème. « Il y en a beaucoup qui me disent : il faudrait qu’ils arrêtent les bateaux. Moi personnellement je pense que les bateaux, au nombre d’heures qu’on sort dans l’été, ça compte tellement pour 10 % ou 15 %. Le reste, c’est toutes les autres sphères qui font de la pollution », tient-il à nuancer.

Pour l’APELN, la sauvegarde du lac doit faire l’objet d’un plan d’action régional. « L’espèce est là pour rester. Elle ne disparaîtra plus maintenant qu’elle est dans le lac, mais elle peut être contrôlée, ça se fait sur d’autres lacs. Donc l’idée c’est d’agir très très très rapidement. Ici le temps c’est de l’argent, donc les trois prochaines années sont critiques », prévient Simon Cloutier.

Des scientifiques défileront sur le lac dans les prochains jours et prochaines semaines pour étudier le phénomène. Leurs analyses détermineront l’avenir de sa fréquentation.