Dossier transport régional : l’aérien en zone de turbulence
Publié le 22 octobre 2024 à 15:44, modifié le 22 octobre 2024 à 16:48
Par: Louis-Philippe Morin
Au cours des prochaines semaines, nous vous présenterons une série de reportages sur les enjeux du transport et de la mobilité en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Alors que le transport ferroviaire de passagers tarde à s’installer, que l’utilisation de l’autobus reste limitée, force est d’admettre que le gouvernement a raté sa cible avec le Programme aérien d’accès aux régions.
Le transport régional est un enjeu majeur en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. En raison de sa situation géographique éloignée des grands centres, les résidents n’ont d’autres choix que de parcourir plusieurs kilomètres pour avoir accès à des services qui, en métropole, sont parfois tout près.
« Les Gaspésiens, on a une région extraordinaire. Mais, si on veut aller à l’université ou se faire soigner, on n’a pas le choix que de sortir du territoire… Il n’y a pas de solutions », nous dit Sylvain Roy, l’ex-député de Bonaventure.
Or, le nœud du problème se trouve là. Pris dans leur Péninsule ou sur leur archipel, les Gaspésiens et les Madelinots doivent inévitablement se poser la question, plusieurs fois par année : comment on sort d’ici?
« Ça ne m’intéresse pas… Premièrement, le train, c’est trop long pour moi et l’avion… Je n’ai jamais essayé. Je préfère ma voiture. Quand tu as ta propre voiture, c’est plus facile », nous dit cette jeune femme.
« Est-ce que vous avez déjà pensé à prendre l’avion ou l’autobus? Pour sortir de la Gaspésie? Non. Non -non non. Je n’ai jamais pris l’avion. J’ai déjà pris le train… Mais il y en a plus », ajoute cette dame, rencontrée alors qu’elle descend, justement, de sa voiture.
La voiture demeure donc le moyen de transport privilégié des gens de la région pour se déplacer… En attendant le train passager ou en espérant un meilleur service d’autobus, il reste l’avion… Sauf que, le Programme aérien d’accès aux régions n’a pas pris son envol.
« Bref, rien ne va plus du côté de l’administration du programme PAAR pour les remboursements de 30 à 60 %… Pour le volet, billet, réduit… On attend toujours les modifications au programme pour le rendre plus efficace », déplore le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau.
Et les dédales administratifs de ce programme réduisent l’intérêt des voyageurs pour ce mode de déplacement.
« Il y a un zèle au ministère actuellement pour avoir des remboursements… C’est comme si on ne voulait plus rembourser les gens. On présume que les gens ont agi de façon malhonnête… », ajoute monsieur Arseneau.
La diminution de la mobilité régionale, aérienne ou pas, soulève des questions.
« On n’a pas des services à la hauteur des impôts qu’on paye et à hauteur des besoins et des attentes. C’est certain qu’en santé, on est de plus en plus considéré comme des citoyens de deuxième zone, en mobilité, les gens des régions sont des citoyens de deuxième zone et en développement économique…on voit également les mêmes réflexes du gouvernement », scande le député des Îles.
« On regarde les villes. Malgré les rêves pharaoniques de troisième lien, etc., ce sont des endroits que les gens cherchent de plus en plus à fuir. Il y a un grand potentiel de développement pour des régions comme la nôtre… On a un très beau potentiel. À condition d’y mettre et d’y investir sur des infrastructures qui seront attractives… l’accès au transport et à la mobilité », complète monsieur Roy.
Dans les prochaines semaines, nous vous présenterons la suite de cette série de reportages… en nous intéressant au transport local et interurbain par autobus.