Culture à l’école : une perte de 200 000 $ qui inquiète la Gaspésie
Publié le 20 février 2026 à 16:24, modifié le 20 février 2026 à 16:41
Par: Pierre-Marie Nicolas
Le rideau pourrait bientôt tomber sur de nombreuses activités culturelles en milieu scolaire. En Gaspésie, les acteurs du milieu s’inquiètent des coupes budgétaires massives appréhendées dans le programme « La culture à l’école ».
Selon le rapport du Vérificateur général, le ministère de l’Éducation prévoit sabrer 13 millions $ dès la prochaine rentrée scolaire. Cette compression budgétaire s’accentuera pour atteindre près de 26,5 millions $ d’ici 2027-2028.
Pour la Gaspésie, l’impact financier est direct : une perte de 200 000 $ sur deux ans.
Les organismes culturels de la région se sont joints à la pétition lancée par le député Gabriel Nadeau-Dubois pour dénoncer ces décisions gouvernementales.
Céline Breton du Culture Gaspésie souligne que ces coupes touchent l’accessibilité à la culture pour les jeunes, mais aussi la viabilité du milieu culturel qui offre ces services essentiels.
Même constat pour le directeur du musée de la Gaspésie, Martin Roussy. Pour lui, c’est l’horizon des jeunes que l’on réduit. « L’image qui me vient, c’est une étincelle de curiosité qui s’éteint. On les coupe d’un accès qui leur permet, parfois pour la seule fois de leur vie, d’ouvrir des horizons nouveaux. Ça n’a aucun sens. »
Francis Richard du Théatre de la Petite Marée, rappelle que les jeunes en région sont déjà restreints par rapport aux grands centres. « Par les mesures de la culture à l’école, c’est tout un volet qui facilite notre entrée dans leur vie. »
Les acteurs du milieu dénoncent les contradictions du gouvernement, qui avait pourtant reconnu l’importance de la démocratisation de la culture. Pour les Gaspésiens, le constat est le même : les sorties culturelles sont essentielles pour « agrandir l’éducation » et faire sortir les enfants du cadre scolaire habituel.
Le Front commun pour les arts rappelle que 75 % des spectacles jeunesse ont lieu hors de Montréal et de Québec. En Gaspésie, c’est tout un pan de la vie culturelle locale qui risque de s’éteindre avec cette mesure.