Comité des usagers de Rivière-du-Loup : une plainte déposée contre le CISSS du Bas-Saint-Laurent
Publié le 29 octobre 2025 à 16:37, modifié le 29 octobre 2025 à 17:14
Par: Catherine Pellerin
Depuis plus de 3 mois, le Comité des usagers de Rivière-du-Loup n’a plus accès à une personne-ressource, soit un employé à temps partiel qui effectue plusieurs tâches pour en assurer le fonctionnement. Une plainte a été déposée contre le CISSS du Bas-Saint-Laurent.
La situation est difficile pour la présidente, Marielle Raymond, une bénévole qui s’implique depuis 19 ans. Âgée de 82 ans, elle fait face depuis juin à une importante charge de travail.
Elle doit s’occuper de toute la paperasse. « Je n’ai personne pour faire les procès-verbaux, c’est tout moi qui fait, je fais ça à la main », explique la présidente du Comité des usagers de Rivière-du-Loup.
La personne-ressource embauchée par le CISSS du Bas-Saint-Laurent, qui était en poste depuis plusieurs années, a pris sa retraite. Elle n’a pas été encore remplacée.
« On avait une personne, 15 heures par semaine. Dans le moment, c’est moi qui assume de tout faire, en plus de rencontrer les usagers », raconte Marielle Raymond.
Après avoir échangé certains courriels avec le PDG du CISSS du Bas-Saint-Laurent dans les derniers mois, le président du Conseil pour la protection des malades a décidé de déposer ce mercredi une plainte au Protecteur du citoyen.
« C’est à la direction de l’établissement ou du CISSS, dans ce cas-ci, d’assurer que le comité est en mesure de fonctionner avec les outils et les ressources humaines et matérielles qui lui sont requises », affirme Paul Brunet.
Gel de recrutement
Le CISSS explique que Québec a imposé un moratoire sur l’embauche de personnel administratif, avec le plan de retour à l’équilibre budgétaire. L’employé doit être trouvé à l’interne, ce qui n’est pas si simple. Le poste est donc toujours vacant.
« Il y a eu des personnes qui ont été suggérées de Rimouski, qui sont venues. Une personne de Rivière-du-Loup aussi, qui n’était pas capable de faire l’ouvrage », déplore Mme Raymond.
Rappelons qu’en mars 2025, 142 postes ont été abolis au CISSS, des postes majoritairement administratifs, en raison des compressions exigées par Santé Québec. 41 postes avaient aussi été coupés, à l’automne 2024.
« On écœure des bénévoles, c’est plutôt insultant et méprisant », estime Paul Brunet, qui souhaite que les gestionnaires fassent davantage d’efforts pour régler le problème. Ce dernier dénonce également que la femme, qui ne peut travailler à l’ordinateur pour des raisons de santé, aurait été la cible de certains propos discriminatoires.
« Lors d’une première rencontre, Mme Raymond, qui a certaines difficultés fonctionnelles, se serait fait dire ‘’si tu n’es pas capable de travailler sur Internet‘’. C’est de la discrimination et de l’âgisme, il faut dénoncer ça », s’inquiète-t-il.
Un budget qui tarde à être confirmé
Un autre problème était aussi dénoncé par le Comité des usagers de Rivière-du-Loup. En cette fin octobre, les responsables attendent toujours d’obtenir leur budget pour 2025-2026.
« L’année financière commence en avril, et notre budget n’est pas encore confirmé. On ne sait pas, on dépense l’argent qu’on n’a pas », lance Marielle Raymond.
Le CISSS du Bas-Saint-Laurent assure cependant que le financement sera confirmé la semaine prochaine. Quant au gel du recrutement imposé par le gouvernement, il restera en vigueur pour une période indéterminée.
« On va se battre, bec et ongles pour que le comité puisse fonctionner comme la loi le prévoit, et surtout, pour que les gens en autorité, qui sont très bien rémunérés, fassent leur job et respectent les bénévoles, comme Mme Raymond et son comité », conclut Paul Brunet.
« Ça ne me démotive pas, parce que ce qui est important, ce sont les usagers », ajoute Marielle Raymond.