Climat difficile dans plusieurs municipalités : des élus à bout de souffle
Publié le 3 décembre 2024 à 17:20, modifié le 3 décembre 2024 à 17:24
Par: Catherine Pellerin
À moins d’un an des élections municipales, le climat difficile dans plusieurs municipalités continue de retenir l’attention. De plus en plus d’élus sont à bout de souffle et peinent à trouver des solutions.
Des conflits perdurent notamment à Témiscouata-sur-le-Lac. Le maire Denis Blais a justement décidé de quitter à la fin de son mandat en raison du climat malsain. « C’est le climat de suspicion. On est l’époque des réseaux sociaux où chacun devient un spécialiste de tous les dossiers », déplore-t-il.
En entrevue la semaine dernière, le maire de Saint-Simon disait avoir l’impression que les élus sont laissés à eux-mêmes. « Je pense que j’ai frappé à toutes les portes où je pensais pouvoir obtenir de l’aide. Alors là, je suis dans un vide en ce moment », constate Denis Marcoux.
Les deux hommes considèrent que le ministère des Affaires municipales pourrait en faire plus.
« On a eu une médiation chez nous. Je pense que la Commission pourrait aller un peu plus loin dans son support aux municipalités qui vivent des difficultés », affirme Denis Blais.
« S’il n’y a personne pour analyser ces choses-là, on nous laisse pourrir dans ces situations-là. Il y a quelque chose de brisé au nouveau municipal. Les ministères ne veulent pas venir jouer sur ce terrain-là », ajoute Denis Marcoux.
Abolir les rencontres de travail à huis clos?
Le maire de Saint-Simon milite par ailleurs pour abolir les séances plénières à huis clos, là où les élus prennent les décisions.
« Toutes les discussions devraient être faites en public, ça diminuerait cette colère qu’on voit partout envers les élus »
« Je ne pense pas qu’on va favoriser les consensus dans la population en diffusant des séances plénières où le consensus n’est pas déjà acquis. Je pense qu’au contraire, on risque peut-être de diviser », considère toutefois Danielle Pilette, qui est professeure associée de gestion municipale à l’UQAM.
Selon elle, le guide « Pour une séance du conseil réussie » publié en septembre 2024 par la Commission municipale du Québec ou les mesures pour permettre de diminuer le nombre de conseillers dans les petites municipalités constituent un premier pas.
Mme Pilette rappelle aussi que la loi 57, qui vise à protéger les élus qui font face à de l’intimidation et à des menaces, a été adoptée par Québec en juin dernier. « Il y a des solutions qui ont commencé à être adoptées face à ce problème », assure-t-elle.
Une formation aux candidats?
Le maire de Témiscouata-sur-le-Lac suggère pour sa part de donner une formation à ceux qui déposent leur candidature pour devenir maires ou conseillers, avant même la tenue des élections.
« Le rôle d’un élu doit être mieux compris par plusieurs personnes. Le rôle d’un élu, ce n’est pas juste de venir soulever des pierres pour trouver ce qui ne fonctionne pas. Maintenant, il fait partie de la machine et il doit trouver des solutions », déclare Denis Blais.