Beaucoup de fraises, peu de travailleurs agricoles
Publié le 25 juin 2024 à 15:54, modifié le 25 juin 2024 à 15:54
Par: Louis-Philippe Morin
Les conditions météo favorables en mai et juin ont précipité l’arrivée des fraises locales sur les étals des épiceries. Si les gourmands se réjouissent, les producteurs manquent de bras pour cueillir le fruit.
Mardi matin, Saint-Siméon… Le ciel bleu est bleu, la nature est verte et les fraises sont rouges. Les petits fruits tant attendus ont commencé à remplir les tablettes des épiceries de la région.
« Ça va bien, la chaleur est au rendez-vous. On s’attend à ce que la saison soit plus hâtive. Et la fraise d’automne sera plus hâtive elle aussi. », raconte Pierre Bourdages, copropriétaire de la Ferme Bourdages Tradition à Saint-Siméon.
Et pour ceux qui voudraient se rendre cueillir eux-mêmes ce qui servira à faire des confitures, des tartes ou tout autre dessert, l’autocueillette est pour bientôt.
« On s’attend à ce que ça commence en fin de semaine. À voir comment les champs commencent à rougir, j’ose espérer qu’on va commencer, un peu plus tôt, l’autocueillette. poursuit monsieur Bourdages.
Si l’arrivée des fruits rouges réjouit les maraichers, il les fait voir rouge aussi… en raison de nouvelles règles fédérales qui retardent et, même, empêchent l’arrivée de travailleurs étrangers.
« Ça pourrait nuire à la récolte. Présentement, on a 10 travailleurs sur 40, c’est 25%. On n’a pas parlé du climat, de température, de pluie… tout ça. Ça peut causer des dommages par rapport à la récolte. », se désole le maraicher.
En attendant que les problèmes de visas et de règlement se dissipent, Pierre Bourdages peut compter sur de l’aide locale.
« C’est la première fois. Je trouve ça, quand même, pas si mal. On est dehors, on est bien… il y a du vent. Ça va très bien. », raconte cet adolescent.
« Ouais j’aime ça. Ça fait gagner de l’argent. Qui t’a amené ici? Ma mère. Elle t’encourage à venir? Oui, avec mon frère et mon ami. », poursuit son ami.
« S’il n’y avait pas de Mexicains ici, ça ferait dur en masse. Il perdrait tout sa récolte. », précise ce travailleur agricole, employé de la Ferme Bourdages.
Parce qu’il y a, oui, un mince convoi de travailleurs déjà sur place… mais eux aussi trouvent la somme de travail imposante.
« Oui, il manque beaucoup de travailleurs… parce qu’il y a beaucoup de fraises à récolter. », nous raconte Riberto Hernandez, un travailleur agricole venu du Mexique pour donner un coup de main.
Devant le problème de main-d’œuvre, l’économie agricole locale demande donc aux citoyens de venir lui prêter main-forte, le temps que l’aide extérieure arrive. Voyons voir si le message sera entendu.