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Amqui : une communauté soudée par le souvenir, trois ans plus tard

Publié le 13 mars 2026 à 16:53, modifié le 13 mars 2026 à 16:53

Par: Pierre-Marie Nicolas

Le 13 mars marque les trois ans de l’attaque à la voiture-bélier d’Amqui. Une date douloureuse pour la communauté matapédienne, qui n’oublie pas.

Cette journée de commémoration s’est déroulée dans un contexte particulièrement émotif. La communauté rendait hommage à Gérald Charest, Jean Lafrenière et Simon-Guillaume Bourget, les victimes de l’attaque de 2023, quelques heures seulement après les funérailles de Nicolas Demers. Cet agriculteur bien connu dans la région a récemment perdu la vie dans un accident de motoneige.

« Le cœur n’a pas de frontière. Quand il arrive un événement comme ça, les gens se soutiennent. C’est toute la population d’Amqui et de toute la Matapédia qui répond présente, peu importe la municipalité. » témoigne Sylvie Blanchette, mairesse d’Amqui

Le paysage matapédien témoignait d’ailleurs de ce soutien mutuel vendredi. Entre Saint-Moïse et Amqui, de nombreux tracteurs de ferme étaient stationnés en bordure de route, un hommage silencieux et puissant à Nicolas Demers.

Pour l’ex-députée Kristina Michaud, ce geste rappelle l’élan de solidarité qui avait suivi le drame de 2023, notamment lors des veillées aux chandelles et des marches dans les rues de la ville.

« C’est beau de voir ce rassemblement. Le 13 mars d’il y a trois ans a été extrêmement difficile. D’année en année, la douleur reste, mais elle s’adoucit un peu. De voir que les gens continuent de se souvenir, il y a quelque chose de réconfortant là-dedans », souligne-t-elle.

Dans les rues d’Amqui, le constat est le même chez les citoyens rencontrés. Qu’il s’agisse de remplir l’église pour un dernier adieu ou de s’épauler dans les moments sombres, la force du groupe est le moteur de la résilience locale. Une dame témoigne : « On est une communauté assez soudée. On va chercher de l’aide, on demande à des amis, et c’est comme ça qu’on arrive à s’en sortir. »

Si la douleur ne disparaît jamais complètement, elle laisse place à une forme de sagesse collective. Pour la mairesse Sylvie Blanchette, ces épreuves rappellent surtout l’importance de chérir le présent. « Quand c’est un moment de bonheur, vivons-le intensément. C’est ce qu’on apprend après chaque tragédie », conclut-elle.