Agriculture : à l’aube d’une crise alimentaire
Publié le 19 juillet 2024 à 17:05, modifié le 19 juillet 2024 à 17:05
Par: Félix Côté
Le secteur agricole ne va pas bien et le maraicher Pierre Bourdages propose un projet de société agricole pour améliorer la santé, pallier la crise de la main-d’œuvre et protéger le prix du panier d’épicerie, qui selon lui, pourrait doubler dans dix ans si rien ne change.
Selon Pierre Bourdages le Québec a besoin d’un projet de société où l’agriculture est au centre. Il croit que des investissements massifs en recherche amélioreront la qualité des produits et naturellement la santé des Québécois.
« Travailler dans le développement de produits agricoles, des produits biologiques des produits qui amélioreront la santé. C’est surtout de supporter ces facteurs qui font en sorte qu’on aura une agriculture plus saine et des gens beaucoup plus en santé », explique le producteur maraicher et co-propriétaire de la ferme Bourdages, Pierre Bourdages.
Pierre Bourdages juge que les produits importés d’autres pays doivent avoir les mêmes normes en termes de qualité. Autant pour la santé du consommateur que pour la viabilité du producteur.
« L’innocuité alimentaire c’est primordial. Le MAPAQ et tous ces programmes-là sont bons. Mais, ceux qui rentre aux frontières, ça n’a aucune norme ou presque pas ce n’est pas vérifié », dénonce le producteur.
Par ailleurs, il réclame des changements importants pour inciter les retraités, les jeunes et les chômeurs à travailler la terre. Il estime que le milieu carcéral devrait aussi mettre l’épaule à la roue pour régler la crise de la main-d’œuvre.
« Si on va chercher dans tout ce beau monde-là 25 000 personnes par année disponible pour toutes les entreprises avec des incitatifs, des programmes gouvernementaux qui favoriseront ça. Je pense qu’on est gagnant comme société », propose l’employeur.
La crise alimentaire mondiale a déjà commencé et les sècheresses détruisent les terres du monde entier. Pendant ce temps, les pays asiatiques brandissent des offres d’achat aux entreprises agricoles québécoises déficitaires.
« Il y aura une crise, mais pas du revenu, une crise alimentaire. (…) les produits seront vendus ailleurs on va compétitionner et on aura plus le moyen d’acheter ces produits-là éventuellement », ajoute le maraicher.
Dans l’ère des conditions climatiques extrêmes. Pierre Bourdages croit que le Canada doit tirer son épingle du jeu avec de l’agriculture de proximité et en protégeant l’or bleu, bientôt au cœur de la guerre économique à l’instar du choc pétrolier des années 70.