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Agrandissement de la réserve d’Essipit : une première victoire historique

Publié le 13 avril 2026 à 16:31, modifié le 13 avril 2026 à 16:34

Par: Jean-Baptiste Leveque

Justice est enfin rendue pour la Première Nation des Innus Essipit. La communauté a acquis quarante-six hectares de parcelles sur le territoire des Escoumins pour corriger une erreur historique. L’un des plus vastes agrandissements de réserve au Canada pourrait devenir un avantage économique.

C’est une injustice qui perdurait depuis 1892. Un arpentage inexact avait réduit la taille convenue pour la réserve d’Essipit. La Première Nation de la Haute-Côte-Nord va maintenant récupérer un demi kilomètre carré supplémentaire.

« Vingt-cinq lots transférés en terre de réserve, c’est du jamais vu, c’est une première au Canada. Les gens ont travaillé vraiment fort, autant du côté de Services autochtones Canada, de notre côté. Ça, c’est une fierté pour nous autres », partage le Chef de la Première Nation des Innus Essipit, Martin Dufour.

Cette entente avec le gouvernement du Canada ne revêt pas seulement un caractère historique. Elle ouvre aussi la porte à du développement économique, en commençant par un nouvel axe routier.

« C’est clair que nous, on cherche à avoir actuellement une entrée directement sur la (route) 138. Ça c’est un avantage pour les gens et les résidents aussi des Escoumins, parce qu’on s’en viendrait directement au centre de la communauté avec cet accès-là », indique Martin Dufour.

Les nouvelles terres pourraient aussio servir à accueillir plus de résidents et de nouveaux projets commerciaux. « S’il y a des membres de la communauté qui veulent venir s’installer, on a de la place là, il n’y a pas de problème, on a encore des rues qui sont projetées », assure le chef de la Première Nation.

La Municipalité des Escoumins n’est pas perdante pour autant. Les terrains cédés rapportaient peu et Essipit l’a compensée en investissant notamment dans la modernisation de son aréna.

« On a beaucoup de projets en commun ensemble. On partage le même réseau d’aqueduc, le même réseau d’égout. On a bâti une caserne il y a quelques années. Essipit a investi là-dedans. Ça fait que nous, on a choisi le partenariat plutôt que la confrontation », souligne André Desrosiers, maire des Escoumins.

Le Conseil de la Première Nation innue ne se contentera pas de ces quelques hectares supplémentaires. Un processus de traité est en cours pour passer de moins de deux kilomètres carrés à deux cents kilomètres carrés.