Fenêtre sur les bélugas : l’observation en direct pleinement connectée
Publié le 23 juillet 2026 à 16:36, modifié le 23 juillet 2026 à 16:36
L’observation des bélugas n’a jamais été aussi accessible. L’activité Fenêtre sur les bélugas du Centre d’interprétation des mammifères marins (CIMM) permet aux visiteurs de voir, et maintenant d’entendre en direct ces résidents de l’estuaire du Saint-Laurent grâce à des drones et des hydrophones.
Depuis trois ans, les visiteurs du CIMM de Tadoussac ont un accès privilégié à la vie d’un cétacé bien connu du fleuve. « Les drones nous ont ouvert littéralement ce qu’on appelle une fenêtre sur les bélugas, c’est-à-dire qu’avec un appareil léger, sans déranger les animaux, si on ajuste bien les paramètres de vol, on peut suivre leur déplacement en surface », résume Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).
Nouveauté cette année : la captation sonore s’ajoute à cette observation en direct. Ce qui oblige parfois les naturalistes à improviser leur interprétation. « C’est une activité qui est difficile à livrer parce qu’on essaie d’interpréter en direct des comportements complexes, souvent qu’on n’a jamais vu, qu’on découvre au fur et à mesure et de partager ça en direct avec le public », poursuit M. Michaud.
Mais les scientifiques y trouvent leur compte. Toutes les données recueillies lors des captations sont une mine d’or d’informations. « C’est un projet de recherche pour étudier la vie sociale, riche et complexe des bélugas. On peut voir à travers la lentille du drone des comportements tels que les soins maternels. Moi je n’avais jamais vu d’allaitement avant, après 40 ans d’étudier des bélugas! », s’enthousiasme le biologiste de carrière.
Mais ce cétacé résidant à l’année dans le Saint-Laurent est menacé de disparition. Le projet veut aussi contribuer à le sauvegarder. « On pense que le public doit connaître et peut-être même aimer les bélugas. Finalement, Fenêtre sur les bélugas, c’est de la recherche et de l’éducation, mais le but ultime, c’est qu’on pense qu’en connaissant mieux les bélugas, en les comprenant mieux, on sera en mesure de mieux les protéger », avance Robert Michaud.
Des brigades d’observation se déploient maintenant sur trois sites : Baie-Sainte-Marguerite dans le fjord du Saguenay, Cacouna et sur le bateau Antarès. Le financement de leurs excursions reste le principal défi de l’organisme. « Fenêtre sur les bélugas est à son plein déploiement pour le premier été en 2026 et notre véritable objectif, c’est d’être encore ici en 2036. Là, on rentre dans une nouvelle phase de la pérennisation, de la stabilisation du projet », termine le directeur scientifique du GREMM.
L’an dernier, c’est près de 31 000 personnes qui ont observé des bélugas en direct ou en différé.