Ancien champ de tir de Tracadie : une nouvelle approche
Publié le 15 juillet 2026 à 16:36, modifié le 15 juillet 2026 à 17:01
Par: Maely Bouchard
Il y a du nouveau dans le dossier de l’ancien champ de tir de Tracadie. Le conseil municipal a voté en faveur pour faire annuler la lettre que l’ancien maire Denis Losier avait adressée au provincial plus tôt cet hiver.
Tracadie tente une nouvelle stratégie pour son ancien champ de tir. Les visages ont changé au conseil municipal ; les façons de faire aussi. « On faisait des revendications, mais on aimerait mieux travailler dans un esprit de collaboration », explique le nouveau maire de Tracadie Clifford Robichaud.
Les 10 conseillers ont passé au vote lors de la dernière séance du conseil. Unanimement, ils se dissocient de la demande de l’ancien maire, Daniel Losier. Ils souhaitent se tourner davantage vers la consultation. « Ce que le conseil m’a mandaté de faire c’est de rencontrer les ministères. Il n’y a aucune décision de prise, il n’y a aucune revendication comme telle, c’est juste de s’asseoir puis d’aller chercher l’information », précise le maire. « Faut comprendre aussi qu’on est tous des nouveaux pratiquement au niveau de la table, ça fait qu’on veut peut-être essayer une autre approche », ajoute-t-il ensuite.
L’ancien conseil souhaitait acquérir les 35 000 acres non exploités par la culture de bleuets sur l’ancien champ de tir. Tout ça pour en faire une aire protégée. Une demande qui laissait la municipalité avec une énorme charge : s’occuper du terrain. « Il y avait quand même de la réticence au niveau de la responsabilité que ça venait avec, puis c’est pour ça qu’à un moment donné, on a dit mais pourquoi est-ce qu’on ne commence pas sur des bases solides nouvelles », exprime le maire.
En 2023, un décret permettant l’exploitation agricole de bleuetières dans le champ de tir avait été adopté par le gouvernement de Blaine Higgs. En 2024, le gouvernement de Susan Holt passait un moratoire pour court-circuiter cette initiative. « Étant donné qu’il y a moratoire tout de suite on ne pense pas qu’il y a une urgence, mais ça fait longtemps que ce dossier traine en longueur puis, on aimerait voir s’il y a pas une possibilité de s’asseoir avec tous les intervenants », partage monsieur Robichaud.
Cette histoire divise depuis plusieurs années. D’un côté, des citoyens s’opposent à l’exploitation des terres. Près de 8000 personnes avaient signé une pétition en 2023. Nombreux préféraient en faire un espace de plein-air plutôt qu’un terrain d’exploitation. « C’est sûr que la population a revendiqué une certaine partie des territoires qu’ils voudraient protéger, mais comment est-ce qu’on peut s’asseoir puis tout placer ensemble, parce que quand même aussi plusieurs intervenants »
De l’autre, il y a aussi des agriculteurs qui ne peuvent plus profiter du terrain. Justement, les consultations débuteront prochainement entre la ville de Tracadie et le ministère de l’Agriculture et des Ressources naturelles.