Désignation de Suzanne Guité comme personnage historique
Publié le 14 juillet 2026 à 16:09, modifié le 14 juillet 2026 à 16:16
Par: Élyse Riverin
Le ministère de la Culture et des Communications a désigné l’artiste et entrepreneure Suzanne Guité comme personnage historique de la vie culturel du Québec. Une femme qui a laissé un legs très important à la Gaspésie.
L’année de son 100ième anniversaire de naissance et 45ième de décès, la pionnière culturelle gaspésienne Suzanne Guité est mise en lumière.
« C’est sûr que comme femme, elle a dépassé un peu toute les préjugés qu’on s’imagine qu’une femme qui a quelques enfants », exprime Marie-Josée Tommi, la fille de Mme Guité.
« C’est sûr que comme Gaspésien, on a une petite sensibilité aussi très attachante à tout ce qui touche le parcours de madame Guité. Donc, vous dire d’emblée, on est très fier de ça. », témoigne Stéphane Sainte-Croix, le député provincial de Gaspé.
« Elle était vraiment avant-gardiste. C’était quelqu’un qui était vraiment avant son heure, surtout à cette époque-là. Aussi, sûrement féministe, quelqu’un qui voulait aller voir ailleurs, qui voulait découvrir autre chose pour le ramener chez elle à travers son œuvre. », explique Sylvain Rivière, l’auteur de la biographie de Mme Guité.
Née à New Richmond, elle a passé une bonne partie de sa carrière d’artiste à Percé. Au cours de celle-ci, elle a fait principalement de la sculpture, mais aussi des murales, de la peinture et de l’aquarelle. La pratique de Mme Guité tournait autour de l’environnement, principalement gaspésien.
« La planète, elle a un corps, ce sont les minéraux, les pierres, les roches qui nous protègent du magma, du feu. Elle, elle a senti cette réalité-là. (…) Il y a une raison à tout! Nous-même, on est composé de minéraux. […] Le prix qu’elle a, c’est un peu au nom de tous les Gaspésiens, parce qu’elle répétait : « Je suis Gaspésienne »», précise Mme Tommi.
En 1956, elle et son mari, l’artiste Alberto Tommi, ont fondé l’un des premiers centres d’art au Québec, le Centre d’art de Percé. Aujourd’hui, ce lieu est utilisé pour diffuser la culture locale, particulièrement pendant le Festival Les Percéides.
« C’est une dame qui a vraiment une vision et aussi une audace, une indépendance à caractère vraiment remarquable pour mettre ça en place. Donc, effectivement, aujourd’hui, on souligne ce personnage historique », indique Benoît S. Pilon, le directeur général par intérim du Festival Les Percéides.
45 ans après son décès, son héritage est toujours visible et reconnu auprès de la communauté.
« Elle-même le disait dans ses écrits, elle disait : « mon œuvre sera peut-être reconnu seulement à travers plusieurs générations. » C’est souvent comme ça, parce que souvent l’artiste est un peu en avant de son temps, donc il y a un prix à payer pour ça. Et puis elle, le prix à payer, c’était justement de trouver la façon de faire son métier, c’était pas évident, sans subvention, sans argent en élevant 4 enfants. », explicite M. Rivière.
Au fil des années, plusieurs hommages lui ont été rendu, notamment à l’Assemblée nationale du Québec, dans les musées en Gaspésie et lors de causeries dans les bibliothèques de la région cet été.