Garderie inondée à Maria : La MRC Avignon appuie la propriétaire face à Québec
Publié le 10 juillet 2026 à 17:09, modifié le 10 juillet 2026 à 17:17
Par: Henri Paquette
La garderie de Brigitte Bourgeois, une citoyenne de Maria, avait été forcée de se relocaliser après avoir été inondée. Mercredi soir, la MRC Avignon a finalement adopté une résolution qui demande à Québec de modifier le Programme de prévention des sinistres pour inclure les services de garde.
485 000 dollars, c’est le montant auquel Brigitte Bourgeois pourrait avoir droit si sa garderie était reconnue comme une entreprise par le Programme de prévention des sinistres. Or, son dossier est traité au même titre que n’importe quel autre propriétaire privé. Résultat : elle a droit à seulement 385 000 dollars, soit 100 000 $ de moins que si elle était considérée comme une entreprise. Ce montant n’est pas suffisant pour rouvrir la garderie, selon elle.
« Ce sont 6 familles qui perdent leur place en milieu de garde. 6 familles, ce sont donc 12 travailleuses et travailleurs qui deviennent insécures à leur emploi. De plus, parmi eux, il y a des employés du réseau de la santé, du CISSS, qui les ont recrutés de l’étranger. Bref, les impacts du dossier de madame Bourgeois sont beaucoup plus larges », affirme la mairesse de Maria, Patricia Chartier.
Après l’inondation se sa garderie, Brigitte Bourgeois a dû s’expatrier à Cascapédia-Saint-Jules. Et par-dessus tout, sa nouvelle résidence n’est pas adaptée pour aménager une garderie.
Vu les impacts de la fermeture de la garderie sur sa communauté, la mairesse de Maria met la main à la pâte.
« Nous, le conseil, on a adopté une résolution. On a demandé aux autres municipalités de nous appuyer afin de modifier légèrement le Programme de prévention des sinistres qui aide les relocalisations, parce que l’on pense que ça pourrait arriver dans d’autres endroits de perdre des services de garde pour cette raison », explique la mairesse de Maria.
L’appui des autres municipalités est finalement arrivé. Mercredi soir, la MRC Avignon a emboîté le pas en adoptant, elle aussi, une résolution demandant à Québec de modifier le Programme de prévention des sinistres.
« Le Programme comme tel relève du ministre de la Sécurité intérieure. Donc Monsieur Lafrenière a reçu une demande de rencontre pour pouvoir lui expliquer les enjeux et lui demander cette modification au programme », poursuit la mairesse.
Puisque le manque de places en garderie est bien réel, Patricia Chartier interpelle la ministre de la Famille Catherine Blouin. Dans un courriel reçu le 18 juin dernier, le ministère affirme que « Mme Bourgeois offre des services de garde à titre de personne non reconnue ». Il explique aussi ne pas avoir de renseignements quant à un statut d’entreprise. Des informations que dément la mairesse de Maria.
« Ce ne sont pas les informations que j’ai. C’est tout ce que je peux dire. […] Selon ce que Mme Bourgeois a dit en public lors de la conférence de presse, c’est ce n’est pas le cas, elle est reconnue », souligne Patricia Chartier.
Dans une déclaration écrite, Catherine Blouin dit être sensible aux enjeux vécus. Elle assure avoir transmis ces préoccupations et avoir discuté avec le ministre de la Sécurité intérieure.