Accident de travail: il doit se battre contre la CNESST
Publié le 19 juin 2026 à 16:49, modifié le 19 juin 2026 à 17:03
Par: Jasmin Guillemette
Un homme de Dégelis, qui a subi un grave accident de travail il y a quelques années, doit se battre contre la CNESST. Carl Raymond n’a pas accès aux prestations appropriées, parce que l’organisation a conclu qu’il a seulement une entorse lombaire.
La vie de Carl Raymond a changé, depuis un accident de travail sur l’île de Baffin en 2024. Alors qu’il devait rotationner à bout portant avec une pelle ce manôme suspendu par un engin de chantier, l’homme de Dégelis a encaissé les 4700 livres. « Quand j’ai forcé après , j’ai senti tout engourdi. J’ai eu des spasmes », se rappelle-t-il.
Et ces spasmes, il les vit au quotidien. Difficile de marcher, il ne peut se tenir debout plus que 10 minutes, même avec l’aide de ses béquilles, qu’il a dû se procurer par ses propres moyens. Il ne peut également rester trop longtemps assis.
« J’ai besoin de béquille pour mon quotidien. Je me porte après les murs dans la maison. Quand je viens pour aller me déplacer à l’épicerie, ou que je rentre dans ma voiture, ou juste pour marcher sur des longues distances, ça prend des béquilles. »
Pendant ce temps, il doit aussi se battre contre la CNESST, qui conclut que son accident de travail a seulement causé une entorse lombaire. Huit médecins qu’il a consultés constatent totalement l’inverse. Plusieurs rapports médicaux indiquent qu’il s’agit de sténoses foraminales de bloquées de manière modéré et forte, ainsi qu’une sténose canalaire qui comprime les nerfs et la moelle épinière, lui donnant ainsi de la difficulté à se déplacer normalement.
« Nos médecins ont beau écrire, n’importe quoi, si la CNESST décide un matin que c’est une entorse, ça va être une entorse », déplore-t-il.
Ce citoyen de Dégelis ne reçoit donc pas d’indemnisation permanente, puisqu’une entorse lombaire est guérissable. Ses problèmes de santé actuels nécessiteraient une opération en France au coût de 70 mille dollars, avec des risques de paraplégie. Il pourrait être éligible à l’aide sociale, mais recevrait 40 mille de moins par année que son salaire. « Les accidentés du travail ont besoin de leur paie et ils ont besoin d’une dignité. Ils ont donné leur vie à travailler », croit-t-il.
Carl Raymond entreprend actuellement des démarches juridiques afin de pouvoir se faire entendre. Il cherchera à faire modifier le diagnostic actuellement reconnu par la CNESST. L’homme dans la cinquantaine conserve tout même la sourire et son positivisme.