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Terres du Séminaire : un accès public réclamé… et refusé

Publié le 19 juin 2026 à 16:30, modifié le 19 juin 2026 à 16:32

Par: Jean-Baptiste Leveque

Un groupe citoyen réclame un accès public à la Seigneurie de Beaupré, ce vaste territoire qui s’étend jusque dans Charlevoix et qui appartient au Séminaire de Québec. Pour que la population bénéficie de ses attraits, mais aussi pour le protéger d’une exploitation intensive. De son côté, le Séminaire ferme la porte à toute discussion.

Des citoyens se sont butés plus d’une fois aux barrières qui limitent l’accès à la Seigneurie de Beaupré, communément appelée les Terres du Séminaire.

« Il y a des surveillants, c’est impossible de passer là, ce n’est pas permis. Tu peux te faire intimider même, tu peux recevoir des contraventions. Ben voyons, comment ça qu’on n’a pas accès? Ça n’a pas de bon sens », déplore Anne Savary, membre du groupe citoyen Une forêt pour tous.

Ce territoire de près de 1 600 km2 est la propriété du Séminaire de Québec depuis 1662. La congrégation religieuse l’exploite et en tire des revenus de subsistance depuis plus de trois siècles.

« Ils payent des taxes, mais ils sont remboursés à 85 % parce qu’ils ont le statut de producteur forestier. Alors il y a des grosses rentrées d’argent », soulève Anne Savary.

Le mouvement Une forêt pour tous sur les Terres du Séminaire demande un accès public à ces espaces naturels jugés grandioses. Pour en bénéficier, mais aussi pour les protéger d’une exploitation grandissante.

« On va avoir des grands parcs éoliens. Et puis il va y en avoir d’autres. Ça commence, l’industrialisation. Ensuite, qu’est-ce qu’il va y avoir? Parce que c’est un territoire privé, parce que c’est dans des terres non organisées, il y a des vides réglementaires là-dessus », craint l’ingénieure forestière à la retraite.

Une lettre a été adressée au Séminaire pour ouvrir le dialogue. La congrégation refuse et rétorque qu’elle assure justement la protection et la mise en valeur du territoire en contrôlant son accès et son utilisation.

Anne Savary n’est pas surprise. « On est des gens de bonne foi, on est des gens de nature. Puis on est certain que donner un accès encadré, balisé, ça n’enlèverait rien au Séminaire », répond-elle à son tour.

Le groupe citoyen a lancé une pétition qui a déjà récolté près de 1 600 signatures. Il a également écrit à plusieurs élus, dont la ministre de l’Environnement Pascale Déry, pour réclamer un débat public sur le statut des terres du séminaire et leur accès.