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Forêt publique : les acériculteurs veulent négocier sans faire de concession

Publié le 1 mai 2026 à 17:39, modifié le 1 mai 2026 à 17:42

Par: Charles Boisvert

Les producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent martèlent de nouveau leur message. Ils exigent que Québec respecte sa promesse d’accorder 2 000 nouveaux hectares en forêt publique réservés à l’exploitation acéricole et veulent retourner à la table des négociations.

Le torchon brûle plus que jamais entre acériculteurs et industriels forestiers. Malgré une tentative d’apaiser les tensions de part et d’autre, les deux parties s’accusent mutuellement de désinformation.

« On a dépeint les acériculteurs comme des gens qui exigeaient presque la totalité de la forêt publique, qui ne voulaient pas participer aux négociations, et qui négociaient sur la place publique, alors que c’est faux. On a tout fait. Tout ce qui nous a été demandé, toutes les rencontres, et les comités, on les a tout fait », explique Justin Plourde, président des Producteurs et productrices acéricoles du Bas-Saint-Laurent.

« On essaie de se servir des chiffres qui sont officiels, qui sont fournis par le ministère des Ressources naturelles. Les chiffres que les acériculteurs présentent, je n’en connais pas la source. Ils ne la fournissent pas non plus d’ailleurs », remarque Sébastien Bérubé, directeur général de Bégin & Bégin.

Pour régler ce conflit, tous veulent reprendre des discussions avec les parties prenantes de la forêt publique.

« C’est l’industrie forestière à deux reprises qui a quitté la table des négociations, donc ce n’est pas à nous de les relancer. S’ils veulent vraiment discuter de l’avenir des peuplements d’érable au Bas-Saint-Laurent, on est ouvert à le faire », mentionne Justin Plourde, répétant que l’entente a été conclue avec l’ancienne ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina.

« C’est qu’on a besoin, c’est une certaine prévisibilité, de savoir où on s’en va au niveau de l’approvisionnement de nos usines », demande Sébastien Bérubé.

Nouvelles rencontres

En poste depuis un peu plus d’une semaine, la nouvelle ministre des Ressources naturelles et des Forêts a déjà rencontré les représentants des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), mais ceux de la région du Bas-Saint-Laurent souhaitent également la rencontrer.

Selon elle, trouver une juste répartition passera par d’autres concertations à la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire (TGIRT).

« Il faut que la proposition et la solution émergent du milieu. C’est là qu’on va trouver vraiment le consensus », indique la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne-Jourdain.

Par contre, Justin Plourde est clair : les acériculteurs ne feront pas de nouvelles concessions. Selon eux, sur le million d’hectares de forêt publique dans la région, 5,2% sont des peuplements d’érablières et 2,6 % sont réservées à l’acériculture.

Ils souhaitent un 0,2 % supplémentaire dans un horizon de dix à vingt ans, soit 400 000 entailles. Cela entraînerait des investissements privés de 40 millions de dollars.

« Ce qu’on veut, c’est la reconnaissance de ce qui nous a été promis, c’est le 2000 hectares », affirme-t-il, en rappelant que la demande initiale était de 3000. « Tant que l’industrie forestière va demander la fin du développement acéricole au Bas-Saint-Laurent, on ne pourra jamais discuter avec eux. Ils veulent la mort du développement acéricole ».

L’enjeu, c’est que les industriels doivent s’approvisionner dans les mêmes peuplements. À leur avis, l’équilibre est atteint et ils veulent éviter de tomber en situation de déséquilibre, sans quoi des usines sont menacées.

S’approvisionner en forêt privée?

David Therriault est acériculteur à Saint-Mathieu-de-Rioux depuis 2022. Il déplore que le développement de son érablière soit freiné par le non-respect de l’entente et craint pour sa rentabilité.

« On est jeune. On espère être capable de s’établir. On aimerait ça être capable de rester en région, parce que ce que vous faites là, c’est carrément dire aux jeunes de s’en aller ailleurs », soutient-il.

Les producteurs forestiers invitent les industriels à s’approvisionner en forêt privée, mais déplorent l’écart de prix avec le bois public.

« Ce qu’on demande au ministère, c’est d’appliquer le vrai principe de résidualité pour faire en sorte que la forêt privée soit exploitée en premier », mentionne Pierre Lemieux, président du Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud.

Les industries acéricole et forestière souhaitent durer dans le temps sans se nuire, reste seulement à trouver la solution pour le partage et la cohabitation.