Grève des OBNL: à la recherche d’une reconnaissance du gouvernement
Publié le 18 mars 2026 à 17:01, modifié le 19 mars 2026 à 16:00
Par: Patrick Giguère
Les organismes communautaires de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine seront en grève à compter de lundi pour une période de deux semaines. Cette action s’inscrit dans un mouvement provincial visant à dénoncer le sous-financement chronique du milieu communautaire.
En raison de ces moyens de pression, des usagers seront pénalisés.
Aux quatre coins de la région, les organismes communautaires veulent donner un coup de barre afin que le gouvernement reconnaisse pleinement leur importance.
« En fait, le message principal, c’est qu’on le voit très clairement en ce moment : dans des situations de crise comme celle que traverse le milieu communautaire, lorsqu’il est à bout de souffle, c’est toute la société qui finit par en payer le prix… mais surtout les plus vulnérables », indique Benjamin Pillet, co-porte-parole du Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (ROCGÎM)
À la Maison de la Famille de la MRC de Bonaventure, on a choisi de maintenir certains services jugés essentiels, comme les relevailles et la halte-garderie.
« On va détourner notre milieu de vie pour être un milieu de grève. On va accueillir quand même les parents pour des activités, mais vraiment plus tournées autour sur la sensibilisation de la grève »,fait savoir sa coordonnatrice, Josée Barlow.
« On a décidé de fermer la semaine du 30 mars. Les membres ne seront pas présents, mais on leur a expliqué qu’on ne fait pas ça de gaité de cœur et que c’est vraiment pour essayer d’aller chercher le plus d’argent possible afin de pouvoir leur en offrir davantage par la suite », laisse tomber Pascale Poirier, la directrice de l’Association des personnes handicapées Action Chaleurs.
Les responsables affirment qu’ils doivent continuellement jongler avec les chiffres pour boucler leur budget, tout en essayant d’offrir des conditions décentes à leurs travailleurs et une programmation de qualité.
L’Association des personnes handicapées Action Chaleur estime le manque à gagner à près de 230 000 dollars.
«On ne travaille pas le vendredi, ou très rarement, avec nos activités. Un financement supplémentaire pourrait aussi offrir des salaires concurrentiels et à la hauteur de la qualité de nos employés. »
Pour sa part, la Maison de la Famille reçoit 182 500 $ de Québec pour réaliser sa mission de soutenir et d’accompagner les parents dans leur rôle et leurs multiples défis. Il en faudrait dix fois plus, selon la gestionnaire.
« Actuellement, les relevailles, l’aide qu’on donne aux enfants à besoins particuliers et spécifiques, ce sont des enveloppes qui ont une fin, qui n’ont pas de récurrence encore et qui ne constituent pas un financement à la mission. On est beaucoup dans l’incertitude. On a des employés qui ne savent pas s’ils vont travailler l’année prochaine. »
« Les organismes sont de plus en plus pris à la gorge et se retrouvent souvent à délaisser leur seconde mission de transformation sociale, de vie associative et de vie démocratique », mentionne Benjamin Pillet.
Selon Benjamin Pillet, entre 2021 et 2024, les besoins ont augmenté de quelque 230%, mais le financement de 50%.
« En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, pour la région dans son ensemble, il manquerait à peu près 35 millions de dollars pour permettre aux organismes communautaires de faire leur job de façon adéquate. »
Des activités de mobilisation et de visibilité sont prévues dans les prochains jours.
Les organismes souhaitent que leurs démarches soient assez convaincantes pour recevoir une “fleur” du gouvernement.