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Conflit en Iran : des impacts sur les agriculteurs de la région

Publié le 3 mars 2026 à 17:37, modifié le 3 mars 2026 à 17:40

Par: Annie St-Onge Marchand

Les États-Unis et Israël bombardent l’Iran depuis samedi. Ce conflit aura des impacts sur les agriculteurs de la région.

« Le plus dur dans le monde agricole, c’est les interventions politiques. Ça, c’est la pire chose », révèle Marcel Michaud, propriétaire de la ferme Gam Michaud.

Un conflit, qui pourrait faire mal aux agriculteurs. Le détroit d’Ormuz, qui est un point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole est paralysé. Une augmentation du prix de l’essence est donc attendue.

« Tu dépends du pétrole pour faire fonctionner tes opérations », mentionne Alexis Légère, Président Jeunesse de l’Union Nationale des fermiers du Nouveau-Brunswick.

L’Iran est également un grand exportateur d’engrais qui est un outil indispensable pour beaucoup de cultivateurs. Pour le moment, les réserves d’engrais semblent remplies au nord-ouest du Nouveau-Brunswick.

« 30% des engrais traverse ce détroit-là donc il pourrait avoir certains producteurs qui n’ont pas accès à des engrais, ce qui va affecte le rendent de l’agriculteur », indique Sylvain Charlebois, spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur à l’Université McGill

« Soit qu’on n’a tout simplement pas d’engrais parce que les bateaux sont bloqués ou qu’il va avoir des prix énormes qui va résulter de ça », soulève M. Michaud.

Un sentiment de déjà vu alors que des hausses similaires étaient survenues lors du début de la guerre en Ukraine.

« L’Ukraine aussi est un gros producteur d’engrais chimique, là on en ajoute un deuxième », constate M. Légère.

Un conflit qui va avoir des répercussions sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Le Canada a déjà le taux d’inflation alimentaire le plus élevé des pays du G7, mais il pourrait encore grimper.

« C’est des pays où est-ce que tu as des ressources importantes. Puis, quand que tu as des conflits comme ça, ça chambarde tout le système d’approvisionnement », reconnaît le propriétaire de la ferme Gam Michaud.

« Le prix de l’essence n’aura pas un impact juste sur l’agriculteur, il aura un impact sur toute la chaîne d’approvisionnement », ajoute le Président Jeunesse de l’Union Nationale des fermiers du Nouveau-Brunswick.

Le président des États-Unis Donald Trump a averti que la guerre contre l’Iran pourrait durer un mois, voire même plus longtemps. Les conséquences pourraient alors être importantes.

« C’est sûr que ça aura un impact sur les marges de profits des agriculteurs. Pour certains agriculteurs, ça se peut qu’il faudra qu’ils adaptent leur production en conséquence ou qu’ils abandonnent même certaines cultures », explique Alexis Légère.

Plusieurs faisaient d’ailleurs le plein d’essence aujourd’hui en prévision de cette hausse.

« J’ai amené mes canices de cinq gallons et je vais mettre du gaz en masse. On n’a pas le choix, on va vivre avec ça », mentionne un citoyen.

«  Ça m’inquiète certain! », indique un monsieur.

« Faut payer le prix », ajoute une dame.

Depuis le début des frappes, 787 personnes auraient perdu la vie en Iran, selon le Croissant-Rouge iranien.