Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Nouvelles

Des producteurs d’Afrique rencontrent l’agriculture du Bas-Saint-Laurent

Publié le 26 novembre 2025 à 17:36, modifié le 26 novembre 2025 à 17:36

Par: Charles Boisvert

Une dizaine de jeunes agriculteurs africains sont de passage cette semaine au Bas-Saint-Laurent. Ils visitent des fermes et des érablières, tout en s’imprégnant de la culture québécoise. La visite est axée sur le thème de la relève en agriculture.

Ils proviennent du Sénégal, de la Tunisie, du Bénin, du Burkina Faso et de la Guinée. Tous sont au Québec pour apprendre, et ce qu’on constate, c’est que les défis sont similaires d’un continent à l’autre.

« J’ai hâte, parce que je vais découvrir encore des produits. Je vais découvrir encore des plats qu’on ne connaît pas », mentionne Mustapha Kaye, agriculteur du Sénégal.

Leur immersion est totale. Sur l’heure du dîner, les producteurs africains ont pu profiter d’un repas de cabane à sucre typiquement québécois. Plus tôt ce matin, ils ont visité le Jardin des Pèlerins à Saint-André-de-Kamouraska.

« Ce n’est pas tous les jours qu’on a de la visite qui vient de si loin. Ça s’est super bien passé. On était un peu fébrile », explique Marie-Josée Doré, propriétaire du verger.

Binômes Québec-Afrique pour les prochains jours

Les visiteurs seront hébergés chez des producteurs d’ici pour les quatre prochains jours. La présidente de l’UPA au Bas-Saint-Laurent, Nathalie Lemieux, accueille d’ailleurs un participant chez elle.

« Mustapha, il ne sait peut-être pas dans quoi il s’embarque encore. Ça va être quelques jours très occupés », mentionne-t-elle.

« On a essayé de les jumeler avec des gens qui ont des productions similaires, ou qu’on pense que les intérêts se rejoignent », précise Jennifer Crawford, coordonnatrice du Réseau Agro-Innov à UPA Développement international.

Apprentissage mutuel

Pour Mustapha, Nawel, Zaineb et les autres, c’est l’occasion de découvrir une nouvelle culture, mais aussi de s’inspirer des agriculteurs d’ici.

« Ici, j’ai vu qu’ils sont souverains par rapport à l’alimentation, parce qu’ils produisent, et consomment ce qu’ils produisent », explique Mustapha Kaye.

« J’apprends sur les pratiques, sur les solutions aussi face aux changements climatiques, face au froid », indique Nawel Bellali, professionnelle agricole de la Tunisie.

« Il y a beaucoup de difficultés en Tunisie, au niveau d’infrastructures, au niveau de blocages administratifs », souligne Zaineb Bchini, agricultrice tunisienne.

Les Bas-Laurentiens peuvent aussi apprendre de leurs invités, notamment sur l’accessibilité des terres.

« Pour être vraiment dans l’agriculture ou bien dans l’élevage, il te faut beaucoup de moyens par rapport à chez nous. Nous, peut-être que ça ne nécessite pas ces moyens-là », affirme Mustapha Kaye.

Même à des milliers de kilomètres, les défis sont les mêmes

Et malgré la distance, les réalités se ressemblent, surtout lorsqu’il est question d’intéresser les jeunes à la profession.

« La relève agricole est un pilier fondamental pour la durabilité et la pérennisation aussi des entreprises », rappelle Nawel Bellali.

« De mettre ça en valeur, d’échanger avec eux, c’est pour ça que c’est le thème qui a été aussi choisi cette année », ajoute Nathalie Lemieux.

D’autres enjeux tels que la place des femmes en agriculture, la gestion de l’eau et l’innovation sont également abordés.

« Faire nourrir les gens, c’est un métier noble », mentionne Nawel Bellali.

Au-delà de l’aspect professionnel, ce voyage permet de créer de fortes connexions humaines. Les visiteurs africains sont dans la région jusqu’au 1er décembre. Ensuite, ils participeront au Congrès général de l’UPA à Québec.