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Nouveau meunier, nouveau souffle pour le Moulin des Éboulements

Publié le 21 juillet 2026 à 15:46, modifié le 21 juillet 2026 à 15:46

Par: Jean-Baptiste Leveque

La survie du Moulin seigneurial des Éboulements est assurée. Après cinq ans de démarches pour trouver une relève au meunier, un artisan français a repris les rênes du moulin ancestral. Il multiplie déjà les nouveaux partenariats et veut faire du site un lieu rassembleur.

Lorsqu’il a franchi le pas du moulin seigneurial pour la première fois, Nicolas Burlet est tombé en amour. « Le guide a ouvert la porte du moulin. C’était vraiment beaucoup d’émotion. Je me suis tout de suite rendu compte que c’était vraiment un joyau », se souvient le boulanger de formation.

Nicolas Burlet a alors vu le potentiel unique de ce moulin encore en fonction, bâti il y a plus de deux cent ans. « C’est le moulin qui existe au Québec qui est le plus authentique par le fait que l’énergie, c’est l’énergie de l’eau qui fait tourner le moulin. Le moteur, l’unique moteur en fait qui fait fonctionner le moulin, c’est la roue », rappelle-t-il.

Les jours du bâtiment étaient pourtant comptés. Si aucune relève n’était trouvée, l’avenir du moulin était compromis. L’artisan explique qu’un « moulin sans meunier, ça ne fonctionne pas. Et ce genre de site qui est ancien, il faut savoir que si ça ne tourne pas, ça s’abîme rapidement, puis après c’est des coûts pharaoniques pour le réparer. »

Depuis un an, une quinzaine de nouveaux partenariats ont été établis avec des entreprises de Charlevoix. La production de farine pourrait passer de 30 à 50 tonnes par année. Du grain à l’assiette, le moulin veut contribuer à une économie circulaire dans la région.

« Avec ce type de production, on retrouve le pain d’avant. Parce qu’à l’origine, le pain avait pour sens et pour mission de nourrir la communauté. On veut que le moulin redevienne un lieu rassembleur, convivial », espère M. Burlet, qui croit qu’en visitant le moulin, en achetant de la farine ou du pain, les citoyens font aussi un geste concret pour la préservation du patrimoine bâti et immatériel.

« Il y a une mission et c’est peut-être la mienne et c’est préserver ce moulin et cette fabrication artisanale, puis comme je dis souvent d’être le gaulois réfractaire qui campe sur ses opinions et qui ne veut pas en changer », conclut-il avec le sourire.