Budget fédéral: les travailleurs saisonniers laissés de côté
Publié le 7 novembre 2025 à 20:28, modifié le 7 novembre 2025 à 20:28
Par: Patrick Giguère
Des organismes de défense des droits des chômeurs déplorent qu’aucune mesure supplémentaire n’ait été annoncée dans le plus récent budget fédéral pour soutenir les travailleurs saisonniers, notamment ceux œuvrant dans le secteur du tourisme.
C’est la déception chez des organismes qui représentent les chômeurs en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine et dans la Péninsule acadienne.
« Ma réaction était une grande déception. Je trouve que l’on est en train de faire l’autruche et on n’est pas en train de regarder la vraie situation des travailleurs », s’indigne Fernard Thibodeau, le porte-parole du Comité d’aide aux travailleurs saisonniers du Nouveau-Brunswick.
Le gouvernement de Mark Carney n’offre rien de nouveau aux travailleurs saisonniers, au grand dam des organismes de défense.
« Le gouvernement garde les mêmes mesures qui étaient en places depuis le mois d’avril, c’est-à-dire la semaine d’attente qui est abolie, les gains qui ne sont pas pris en charge », énumère la coordonnatrice du Mouvement Action Chômage Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Nadia Mongeon.
Alors que le taux de chômage en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est de 7,7 % et que celui-ci a atteint un sommet de 8,1 % en septembre au Nouveau-Brunswick, le projet-pilote accordant cinq semaines supplémentaires de prestations pour pallier le « trou noir » doit prendre fin à l’automne prochain.
Pourtant, aucun financement n’a été prévu pour sa reconduction.
« Dans le budget, il n’est pas là. Est-ce qu’ils vont juste le continuer et ils ne l’ont pas prévu dans le budget? Peut-être. On ne sait pas », se questionne Mme Mongeon.
« On a besoin au moins de quinze semaines. Il y a une petite étude qui a été fait et dit que ça couterait un sou noir par personne pour faire ce changement-là », indique M. Thibodeau.
Les organismes s’inquiètent de ce qu’il adviendra de certains travailleurs si le projet-pilote n’est pas reconduit.
« Nous ce qu’on demande toujours ces quinze semaines, parce qu’avec le taux de chômage qui est tellement bas, si on n’a pas au moins quinze semaines, on se retrouve toujours avec des trous noirs d’un, deux, trois mois », souligne Mme Mongeon.
Parmi les bonnes nouvelles, le gouvernement fédéral propose aussi de modifier la Loi sur l’assurance-emploi pour accorder huit semaines supplémentaires aux prestataires qui vivent le deuil de leur enfant.
« C’est bien parce que je dois vous dire que souvent chacun vit son deuil à sa façon et quelquefois ça peut prendre plus de temps qu’un autre », mentionne M. Thibodeau.
Selon les deux intervenants, les chômeurs prévoient mener différentes actions et descendre dans les rues, prochainement, afin de faire entendre leur mécontentement.
« Nous on est en train de préparer quelque chose avec des sous noirs, je ne peux pas trop en parler, mais anyway c’est pour faire réagir », promet Fernand Thibodeau.
« On a des choses qui s’en viennent. On va mettre de la pression. Surtout la campagne avec quoi on s’en vient, ça devrait être parlé et ça devrait se rendre à Ottawa », a bon espoir Nadia Mongeon.