Pêche illégale : des agents effrayés?
Publié le 7 novembre 2025 à 14:03, modifié le 7 novembre 2025 à 14:03
Par: Louis-Philippe Morin
Le député bloquiste Alexis Deschênes demande une prolongation des audiences en cours à la Commission permanente sur les pêches pour faire la lumière sur des allégations de pêche illégale. Selon lui des agents des Pêches ne peuvent pas faire leur travail. Pour le député de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, il est inconcevable que des agents soient terrifiés à l’idée d’appliquer la Loi sur les Pêches. Malgré ses nombreuses questions, le gouvernement ne semble pas vouloir agir dans ce dossier.
Alexis Deschênes a-t-il ouvert un panier de crabes? Plusieurs acteurs du milieu de la pêche sont venus relater aux députés fédéraux que des agents de pêche auraient de la difficulté à faire respecter les lois entourant l’activité…
« Il y a plusieurs témoignages qui nous disent que : on sait que d’un côté il y a de la contrebande au niveau du homard… Mais ce qu’on apprend, c’est qu’au sein du ministère des Pêches, les agents des Pêches veulent intervenir, mais il y a des gens au-dessus d’eux, dans la hiérarchie, qui les empêchent d’intervenir. Pourquoi ça se passe cette situation-là? Je ne comprends pas. », s’insurge le député bloquiste, Alexis Deschênes.
Si le député bloquiste a été estomaqué par tous ces témoignages, d’ex-fonctionnaires du MPO… et même des gens qui y travaillent encore semblaient au courant de certaines pratiques illégales, mais n’en faisaient pas de cas.
« J’ai parfois été la personne qui devait diriger tout ça. Et je prenais la décision que : non, on ne va pas dans cette situation aujourd’hui. C’est trop tendu et ce n’est pas dans l’intérêt du public. Parfois… On devait se replier. Dans certaines situations particulières, c’était pour le bien-être et la santé des agents. », avouait Morley Knight, ex-directeur régional du MPO dans les Maritimes, lors de son témoignage devant le Commission.
Des événements ont été signalés dans les Maritimes et en Colombie-Britannique… mais la région n’est pas non plus à l’abri.
« Dans certaines circonstances des infractions qui étaient avérées sur la place publique et même devant la cour… qu’il arrivait que les poursuites soient abandonnées… pour des raisons qui m’apparaissaient très particulières. », proposait Claire Canet, chargée de projet au Regroupement des pêcheurs professionnels du Sud de la Gaspésie.
Une professeure en criminologie de l’Université de Moncton en a même ajouté… en proposant, selon des études qu’elle a menées, que des agents des Pêches étaient terrifiés par leurs supérieurs.
« Pour moi, ça, c’est un indice qui me dit qu’on n’est peut-être pas dans une approche d’application de la loi qui est neutre. », évalue la chercheuse Véronique Chadillon-Farinacci.
Sentant qu’il y a définitivement anguille sous roche, le député gaspésien n’entend pas en demeurer là… et a bombardé le gouvernement de questions. La ministre des Pêches, Joanne Thompson, reste campée sur sa position et ne semble pas vouloir pousser l’enquête plus loin. Elle estime que les agents des Pêches ont les moyens de faire respecter la loi.