Financement du transport collectif : les organismes toujours dans l’attente
Publié le 5 novembre 2025 à 16:12, modifié le 5 novembre 2025 à 16:12
Par: Charles Boisvert
L’Union des transports adaptés et collectifs du Québec sonne l’alarme. Le gouvernement provincial n’a toujours pas adopté le nouveau programme d’aide financière pour le transport collectif. Les transporteurs de nos régions sont plongés dans l’incertitude.
Les organismes de transport collectif de nos régions se dirigent vers un mur. Sans financement confirmé pour 2025, ils craignent de recevoir moins d’argent que prévu.
« C’est une incertitude terrible pour tous les organismes », explique Louis-Marie Bastille, président du conseil d’administration de Transport Vas-y, dans la MRC de Rivière-du-Loup.
« Si on a un programme de subvention par exemple à 100 000 dollars, mais que finalement on nous donne 75 000 dollars. Il y a un manque à gagner de 25 000 dollars. On le prend où? », mentionne Nathalie Dubé, coordonnatrice de Transport Roulami, dans la MRC de Témiscouata.
« Il n’y a plus de plan. Il n’y a plus de prévisibilité. On gère complètement à l’aveugle. », indique Simon Berthiaume, président de l’Union des transports adaptés et collectifs du Québec (UTACQ).
En attente depuis 7 mois
Habituellement, ce financement est annoncé le 1er avril. Sept mois plus tard, en novembre, c’est toujours silence radio au ministère des Transports. Les organismes se sont fiés sur le budget 2024 pour bâtir celui de 2025.
« On ne sait rien, mais il faut faire un budget quand même », déplore Louis-Marie Bastille. « C’est des non-sens. Tout le monde parle pour le transport collectif. C’est supposé être des grandes priorités gouvernementales. ».
Ce sont toutes les régions du Québec qui sont touchées. L’UTACQ dessert plus de 800 municipalités à travers la province.
« Le transport collectif en région, c’est vraiment un service qui était essentiel qui sert de rapprochement entre les communautés », indique Simon Berthiaume.
« On a quand même des résidents qui n’ont pas de voiture pour se déplacer », ajoute Nathalie Dubé.
Quoi faire en cas de réduction du financement?
Si Québec diminue l’enveloppe, deux solutions se présentent : soit les MRC pigent dans d’autres portefeuilles pour financer le transport collectif ou les services seront réduits. Un scénario que les organismes redoutent.
« De devoir couper un service essentiel à la population, ce n’est jamais facile », mentionne Nathalie Dubé.
« C’est l’organisme lui-même qui va falloir qu’il prenne des décisions en fonction du manque à gagner qu’il va avoir », explique Louis-Marie Bastille.
Les élus de la MRC de Rivière-du-Loup ont l’intention d’adopter prochainement une résolution pour faire bouger le MTQ dans le dossier.
« Donnez les moyens à nos organismes, nos transporteurs, de pouvoir faire le travail pour lequel ils existent », demande Louis-Marie Bastille.
Les responsables craignent de devoir préparer leur budget 2026 dans cette même incertitude.