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Violence dans les écoles: en fait-on assez pour protéger le personnel ?

Publié le 5 novembre 2025 à 13:15, modifié le 5 novembre 2025 à 19:23

Par: Patrick Giguère

Violences physiques, insultes, crachats au visage : les enseignants et le personnel de soutien en Gaspésie sont confrontés à des comportements répréhensibles, parfois même dangereux, de la part de certains jeunes. Des gestes inquiétants… mais en fait-on suffisamment pour les protéger ?

« Les éducatrices spécialisées qui travaillent avec des problématiques X ou Y et qui se font frapper, des coups de tête, des ballons, des invectives. C’est très préoccupant, très difficiles », énumère Anne Bernier, la présidente du Syndicat des travailleurs de l’éducation de l’Est-du-Québec.

Voilà à quoi ressemblerait le quotidien de plusieurs membres du personnel scolaire de la région, qui doivent, bien malgré eux, tenter de gérer ces situations alors que les élèves sont plus nombreux dans les classes et que les ressources supplémentaires se font rares.

«Chez les plus vieux, c’est souvent plus verbal — des insultes, des menaces — même s’il y a encore parfois du physique. Tandis que chez les plus jeunes, on a déjà vu des classes complètement se faire défaire », raconte Mme Bernier qui ajoute qu’il n’est pas rare d’observer chez les jeunes enfants des comportements de désorganisation, même chez ceux âgés de seulement quatre ans.

« J’ai nommé souvent que je n’étais pas à l’aise, qu’il y avait des comportements qui me dérangeait et que je n’étais pas en sécurité non plus », se confie cette travailleuse en milieu scolaire, qui a demandé l’anonymat par crainte de représailles. Elle s’est même retrouvée en congé forcé après avoir été confrontée à plusieurs situations d’incivilité. « La violence physique aussi, malheureusement, j’en ai vécu. J’en ai parlé, et des mesures ont été prises, mais parfois, ça prend beaucoup de temps avant qu’il y ait des sanctions. »

Les Centres de services scolaires René-Lévesque et des Chic-Chocs la Gaspésie ont décliné nos demandes d’entrevue.

Par courriel, ils nous ont assuré que la sécurité et le bien-être de leur personnel sont une priorité, et qu’ils portent une attention particulière aux cas de violence, d’intimidation et de manque de respect.

« Quelquefois on se fait dire qu’on n’aurait pas dû accepter ce poste-là. Je crois que c’est banalisé », laisse savoir notre source.

La présidente du Syndicat des travailleurs de l’éducation de l’Est-du-Québec souligne toutefois que la mise en place d’un plan d’intervention pour certains élèves n’est pas toujours simple, mais que la communication est essentielle si les situations ne sont pas prises au sérieux.

« Il faut qu’il y ait des rencontres et les parents doivent devenir des partenaires avec l’école ».

Pour mieux préparer le personnel aux diverses réalités rencontrées en classe, une enseignante avec qui nous avons discuté recommande de renforcer la formation offerte dans le cadre du baccalauréat. Selon elle, un encadrement plus approfondi permettrait de mieux outiller les enseignants face aux comportements variés et parfois difficiles des élèves, leur donnant ainsi des stratégies concrètes pour intervenir efficacement.

« Je pense que c’est là qu’on devrait revoir un peu le curriculum des cours offerts aux enseignants du régulier. Pour pallier les besoins des enseignants déjà en poste et formés, les centres de services scolaires pourraient offrir des formations. »

Au-delà des mesures pratiques à appliquer, la syndicaliste estime qu’il s’agit aussi d’un enjeu social.

« Quand les jeunes sont violents, ils ne sont pas nés violents, ils l’apprennent au fil du temps en voyant ce qui se passe autour », rappelle celle qui enseignait les cours de musique avant de devenir la présidente du Syndicat des travailleurs de l’éducation de l’Est-du-Québec.

Une réflexion s’impose donc, autant chez les parents que dans le tissu même de notre société.