Accident mortel à Saint-Simon-de-Rimouski : les occupants du camion ont craint pour leur vie
Publié le 27 octobre 2025 à 17:36, modifié le 27 octobre 2025 à 17:36
Par: Charles Boisvert
Un tragique accident est survenu hier matin sur la route 132, à Saint-Simon-de-Rimouski. Un automobiliste de 63 ans a perdu la vie après avoir percuté de plein fouet un camion cube. Les deux jeunes hommes qui se trouvaient à bord du véhicule se considèrent aujourd’hui chanceux d’avoir survécu.
« Trente secondes avant, je disais à Michel : “le ciel est beau, on va avoir une belle journée, il fait beau”. Et c’est arrivé 30 secondes après », raconte Marc-Antoine Guy Rioux, passager du camion cube.
Les deux hommes ont frôlé la mort hier matin.
« C’est un cauchemar. On ne veut jamais que ça arrive », confie Michel Fortin-Bélanger, le conducteur du camion.
« On aurait pu y passer tous les deux », ajoute Marc-Antoine Guy Rioux.
« Instinct de survie »
Si Michel Fortin-Bélanger s’en est tiré presque indemne, Marc-Antoine Guy Rioux souffre de quelques fractures. Les deux hommes remercient aujourd’hui leur bonne étoile.
« Des vertèbres de cassées, le bassin, c’est tel que tel. On est là et on peut se parler aujourd’hui », indique Marc-Antoine Guy Rioux.
« C’est un instinct de survie. J’ai fait tout ce que je pouvais pour éviter le véhicule », explique pour sa part Michel Fortin-Bélanger.
Selon la Sûreté du Québec, le conducteur de la voiture aurait dévié de sa voie, provoquant ainsi un face-à-face avec le camion cube qui circulait en sens inverse. Le décès de l’automobiliste a été constaté sur place. La cause de l’accident demeure sous enquête.
Plus de 24 heures après le drame, Marc-Antoine Guy Rioux considère que son ami Michel lui a sauvé la vie en le sortant du véhicule.
« Je pense que Michel a eu les meilleurs réflexes qu’on ne pouvait pas avoir. Ça nous a sauvés. Et oui, on a été chanceux. Il y avait quelqu’un qui nous surveillait d’en haut », affirme-t-il.
« Beaucoup de choses qui se passent dans ta tête, même s’il n’y a pas de temps », ajoute Michel Fortin-Bélanger.
Les deux hommes ont également reçu l’aide d’un couple de bons samaritains, dont une infirmière.
« L’angoisse et le stress de quand tu ne sens plus tes jambes, et là tu es coincé, et là tu te dis “ est-ce que je vais être paraplégique pour le restant de mes jours”. Et elle me disait “ça va bien aller”. Elle reste avec nous autres, avec Michel tout le long. Vraiment merci », raconte Marc-Antoine Guy Rioux avec émotion.
Prolonger l’A-20 pour éviter ces accidents?
Cet accident relance le débat sur la nécessité de prolonger l’autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et Le Bic.
« Ce n’est pas nécessairement la route qui tue le monde », nuance Michel Fortin-Bélanger. « C’est sûr qu’une autoroute à quatre voies comparé à une route qui rencontre à 90–100 kilomètres-heure, c’est sûr et certain qu’il va avoir plus de risques », ajoute-t-il.
Blandine Michaud, porte-parole du Comité pour le prolongement de l’autoroute 20, abonde dans le même sens. « C’est des choses qu’on voit régulièrement », souligne-t-elle. « C’est un miracle qu’il n’y a pas plus d’accidents que ça. On sait qu’à chaque fois qu’on prend la route, on en évite un ou il y en a un qu’on voit qui risque d’arriver ».
Rappelons que le projet de prolongement est sur la glace jusqu’en 2030. Le comité citoyen réclame au moins la reprise des études.
« Qu’il y ait un accident de plus ou de moins, la route est autant dangereuse. Moi je me dis toujours : à un moment donné, c’est une petite famille en vacances qui va se faire ramasser », insiste Blandine Michaud.
La députée de Rimouski, Maïté Blanchette-Vézina, a d’ailleurs lancé il y a trois semaines une pétition pour que Québec fasse de ce dossier une priorité. Près de 2000 personnes l’ont déjà signée, dans l’espoir d’éviter d’autres tragédies comme celle survenue à Saint-Simon-de-Rimouski.