Baie-des-Chaleurs: hausse des violences envers les jeunes LGBTQ+, selon un organisme
Publié le 24 octobre 2025 à 19:36, modifié le 24 octobre 2025 à 19:38
Par: Patrick Giguère
La violence physique et verbale envers les personnes de la communauté LGBTQ+ serait en hausse depuis les derniers mois, selon un organisme de la Baie-des-Chaleurs. Celui-ci affirme que le nombre de personnes qui viennent y chercher de l’aide a bondi de plus de 200 % au cours des derniers mois.
Propos haineux, insultes et violences physiques : la communauté LGBTQ+ est parfois encore la cible d’intolérance.
« On l’explique par la montée de la haine qu’il y a depuis un an dans les écoles et aussi une montée du masculinisme », indique Clotilde Beal, la coordonnatrice de l’organisme LGBTQ+ Baie-des-Chaleurs.
Ces attaques gratuites et préoccupantes se produiraient à plusieurs endroits.
« On a des rapports d’agression dans les établissements scolaires, dehors de l’école à la sortie des cours et souvent sur le chemin de la maison des jeunes », énumère-t-elle.
« Ils ont juste une orientation différente, à part ça ils sont pareils comme nous, ils n’ont pas à subir ces actes-là », déplore Vicky Maltais, 15 ans.
Deux adolescents que nous avons rencontrés ont été témoins de gestes d’intimidation au sein de leur école.
« Souvent, c’est un groupe. Ils sont dans l’effet de gang et ils ne veulent pas s’imposer devant la gang. », explique Pierre-Olivier Gallant lorsque questionné à savoir pourquoi les témoins de ces agissement n’interviennent pas.
« Il y a des dossiers qui sont très graves. On a des tentatives de suicide, on a des parents qui retirent les élèves de l’école par mesure de sécurité pour leurs enfants » , fait savoir Mme Beal.
La problématique a atteint un point tel que les interventions de l’organisme ont explosé de 204 % en seulement quatre mois.
« Ils ont besoin d’être outillés, d’être entendus et de connaitre les démarches légales que iel peuvent entamer », explique la coordonnatrice de l’organisme qui a des bureaux à Saint-Siméon-de-Bonaventure.
Dans un courriel, le Centre de services scolaire René-Lévesque indique que chaque école s’implique dans une démarche de plan de lutte visant à prévenir et contrer toutes formes de violence et d’intimidation basées sur la diversité sexuelle et de genre. Une panoplie d’activités de sensibilisation et de prévention sont aussi réalisées.
« Les équipes rappellent fréquemment à l’ensemble de nos élèves qui vivent de la violence ou de l’intimidation de ne jamais hésiter à aller voir un adulte ou un intervenant de confiance dans l’école », écrit Odrée Robichaud, conseillère en communication au Centre de services scolaire René-Lévesque.
« On a un personnel scolaire qui est vraiment saturé parce qu’il y a eu des coupures au niveau du ministère de l’Éducation, donc moins de personnel, ça veut dire moins d’encadrement, moins de contrôle ou d’éducation ou de sensibilisation », enchaîne Mme Beal.
De son côté, le Cégep de la Gaspésie et des Îles, a répondu organiser périodiquement des activités de prévention et de sensibilisation sur le sujet.
Clotilde Béal souhaite maintenant une plus grande prise de conscience lorsque des situations de harcèlement ou de violence sont dénoncées.