Usine F.F. Soucy : la fermeture et l’incertitude se prolongent
Publié le 9 octobre 2025 à 16:50, modifié le 9 octobre 2025 à 16:50
Par: Charles Boisvert
La fermeture de l’usine F.F. Soucy de Rivière-du-Loup est prolongée jusqu’au début de l’année 2026. Une réouverture est souhaitée pour la semaine du 5 janvier.
Cette annonce suscite la grogne chez les employés. La papetière devait initialement rouvrir le 3 novembre, mais elle redémarrera finalement deux mois plus tard que prévu, selon une lettre envoyée hier aux travailleurs. Une nouvelle qui passe très mal.
« C’est une nouvelle désastreuse, très décevante », déplore Daniel Cloutier, directeur québécois du syndicat Unifor.
Décevante, surtout pour les 175 employés en congé forcé depuis le 28 juillet. Ce nouveau report plonge plusieurs d’entre eux dans l’incertitude.
« On ne le souhaite pas, mais il pourrait avoir d’autres prolongations », ajoute M. Cloutier.
De son côté, Luc Lebel, professeur en foresterie à l’Université Laval, affirme que la situation n’a rien d’étonnant. « Non, ce n’est pas une surprise. Il n’y a pas beaucoup d’éléments qui ont changé pour permettre une réouverture maintenant », explique-t-il.
Le directeur général de l’usine, Steve Michaud, confirme dans sa lettre qu’une étude de marché débutera sous peu afin de trouver une nouvelle vocation à la papetière. Selon nos informations, le processus doit durer de sept à neuf semaines.
« Les marchés de papier qu’on occupait traditionnellement sont en décroissance », précise Daniel Cloutier. « Il y a des nouveaux papiers : papier alimentaire, papier médical, qui peuvent donner des perspectives d’avenir ».
Période d’incertitude pour les employés
Selon le syndicat, il est toutefois trop tôt pour baisser les bras. Une aide gouvernementale pourrait être accordée à White Birch, et selon la direction, les discussions progressent.
« Si on va dans une nouvelle gamme de produits de papier, ce sont des investissements qui sont importants, qui se calculent généralement en centaines de millions de dollars », souligne Luc Lebel.
Même si l’usine devait rouvrir, la main-d’œuvre risque de devenir un enjeu. Toujours selon nos informations, il ne reste que quatre ou cinq électriciens, alors que l’usine en compte habituellement une douzaine. Un travailleur confie qu’il envisage quitter la région pour trouver un emploi offrant des conditions similaires.
« Quand il y a des périodes d’incertitude comme ça, quand on n’est pas trop sûr, on finit par perdre des arguments de part et d’autre pour dire aux gens : “restez accrochés” », admet Daniel Cloutier.
Les employés et les nombreux sous-traitants de F.F. Soucy en subissent également les contrecoups. « C’est potentiellement 600 à 700 personnes qui vont être affectées négativement », évalue M. Cloutier.
Entretien de l’usine
Malgré tout, une lueur d’espoir demeure. Pendant la fermeture, les équipements seront préservés : le chauffage et le traitement des eaux se poursuivront cet hiver.
« Est-ce que c’est un signe positif ? C’est clair. Est-ce que c’est une garantie en soi ? Pas nécessairement », nuance Daniel Cloutier.
Chez Groupe Lebel, on affirme que la fermeture de l’usine est une nouvelle décevante pour eux et pour l’ensemble de la filière forestière régionale. L’entreprise dit toutefois avoir réussi à redistribuer sa production ailleurs.
Pour sa part, la députée-ministre Amélie Dionne indique, par courriel, qu’elle poursuit ses représentations auprès de Papier White Birch et qu’elle travaille avec F.F. Soucy pour trouver des solutions.