Parc éolien dans Charlevoix : plusieurs citoyens préoccupés au BAPE
Publié le 22 janvier 2025 à 17:27, modifié le 23 janvier 2025 à 14:36
Par: Jérôme Gagnon
Depuis mardi soir, le projet éolien Parc des Neiges – Secteur Charlevoix est scruté de près lors des consultations publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Plusieurs intervenants ont pris la parole pour soulever des questions et préoccupations concernant les impacts du projet. La période de questions se poursuivait ce mercredi.
« Ce projet va définitivement changer le visage de la région », a exprimé Anthoni Barbe, consultant en aménagement du territoire, soulignant la portée des transformations envisagées.
Les inquiétudes soulevées ont principalement porté sur les impacts visuels du projet, ainsi que sur les conséquences pour l’habitat du caribou et la biodiversité locale. Selon M. Barbe, « une région de la biosphère de l’Unesco n’est pas le lieu pour mettre davantage en péril une espèce menacée. C’est le dernier endroit où l’on doit faire ça ».
Les bassins versants de la région sont également une source d’inquiétude. Étienne Govare, spécialiste en géomorphologie, a alerté sur les particularités de la zone : « Dans ce secteur, le bassin versant commence à 1000 mètres d’altitude, une caractéristique unique au Québec. Il se termine 18 km plus bas. Si le projet persiste, il faudra mettre en place des mesures de suivi pour éviter des crues imprévues », a-t-il précisé.
Les retombées économiques du projet ont aussi été évoquées lors de la séance. Boralex, le promoteur, a réaffirmé la création de 500 emplois durant la phase de construction et le versement de 80 millions de dollars sur 30 ans aux communautés locales. Gilles Gagnon, directeur général de Baie-Saint-Paul, a ajouté que des discussions étaient en cours entre les parties concernées, incluant la MRC de Charlevoix et la Ville de Baie-Saint-Paul.
De son côté, Boralex a défendu son projet, affirmant qu’il n’affecterait pas de manière significative l’habitat du caribou, une zone déjà perturbée par la foresterie. L’entreprise a également minimisé l’impact sur le tourisme, citant une étude réalisée en Gaspésie. Cependant, ces arguments n’ont pas convaincu tous les citoyens.
« Ce territoire possède un potentiel récréotouristique et écologique exceptionnel. Mais les promoteurs semblent vouloir y installer des éoliennes partout. Ce n’est pas la bonne utilisation de ce territoire », a réagi M. Barbe.
Les consultations publiques se poursuivront avec une nouvelle audience prévue pour le 18 février, où les citoyens auront l’occasion d’exprimer leur point de vue. Les partenaires derrière le projet vise l’implantation d’un maximum de 67 éoliennes pour une capacité énergétique de 400 mégawatts.