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Puits contaminés à Cacouna : un citoyen signale des impacts sur sa santé

Publié le 21 octobre 2024 à 17:23, modifié le 22 octobre 2024 à 10:56

Par: CIMTCHAU

À Cacouna, plus d’une vingtaine de résidences situées le long de la route 291 sont aux prises avec un grave problème : l’eau de leurs puits est contaminée. La cause? Le calcium utilisé par le ministère des Transports pour l’entretien hivernal des routes, qui s’est infiltré dans le sol et a contaminé les sources d’eau potable.

Résultat : de l’eau brunâtre, une odeur nauséabonde, et des tuyaux bouchés par le calcaire. Les citoyens, exaspérés, réclament une solution durable à ce qu’ils décrivent comme un véritable calvaire. « Tous les puits sont contaminés. Même si on fait bouillir l’eau, elle n’est pas potable », déplore un résident du secteur. « Comme moi, j’ai changé tous mes appareils électroménagers, tout va être à rechanger », ajoute Carmen Morin.

Son mari, Gaétan Michaud, a découvert l’ampleur du problème lors d’une visite chez le médecin. « Quand je suis allé chez le médecin, elle m’a demandé si je mangeais beaucoup salé. J’ai dit non, pas vraiment. Le médecin a répondu : « Il va falloir que vous coupiez le sel quelque part, sinon vos reins vont en manger une claque » », raconte-t-il. Lors de l’inspection de l’eau de leur sous-sol, Transports Québec a même confirmé que leur eau était si salée qu’elle pouvait allumer une ampoule.

Devant la gravité de la situation, les résidents ont reçu une offre du ministère des Transports : cimenter les puits contaminés ou installer des systèmes d’osmose. Toutefois, cette solution ne satisfait pas les citoyens. « La solution que le ministère des Transports nous offre, ce n’est pas raisonnable, c’est un pansement sur un bobo », affirme Mme Morin. Selon elle, ces systèmes d’osmose ont une durée de vie limitée et peuvent contaminer les champs d’épuration environnants.

Les habitants, dont Carmen Morin, réclament que leurs résidences soient raccordées au réseau d’aqueduc de Rivière-du-Loup, une ville voisine. « Ce qu’on veut, c’est de se connecter avec la Ville de Rivière-du-Loup, nous sommes juste à côté », insiste-t-elle. Cependant, la Ville de Rivière-du-Loup a refusé la demande du ministère des Transports. « On a dit, bien écouté, regardez vos solutions à vous, ce qu’ils ont décidé de faire parce que nous on n’a pas répondu de façon positive. On a déjà le traitement à faire pour nos citoyens », explique Mario Bastille, maire de Rivière-du-Loup.

Les résidents, exaspérés, dénoncent le manque d’action des autorités. « Il faudrait que ça agisse un peu, ou on attend que tout le monde soit mort avant de faire quelque chose? », lance Gaétan Michaud, à bout de patience.

La députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata, Amélie Dionne, a tenu à faire une déclaration par écrit : « Je suis très préoccupée par cette situation qui nuit à la santé des résidents concernés. Nous sommes en communication avec la direction régionale du MTMD, qui est bien au fait des problèmes de contamination, et les équipes sont en mode solution. Je réitère aux citoyens concernés de compléter le formulaire de réclamation du ministère des Transports à l’aide du lien suivant : Formulaire – Faire une réclamation au ministère des Transports et de la Mobilité durable (gouv.qc.ca)».

Pour l’instant, le ministère des Transports et la mairesse de Cacouna ont refusé de commenter le dossier, mais affirment qu’ils sont en train d’analyser la situation.