«Climat toxique»: une cadre du CHLSD de New Carlisle suspendue
Publié le 15 octobre 2024 à 12:35, modifié le 15 octobre 2024 à 16:55
Par: Patrick Giguère
Le CISSS de la Gaspésie confirme avoir suspendu la gestionnaire responsable du CHLSD de New Carlisle pour une période indéterminée. Elle fait l’objet de nombreuses plaintes. Plusieurs employés disent avoir été victimes d’harcèlement et de paroles blessantes.
Au moins six personnes, qui se sont confiées à l’auteur de ces lignes sous le couvert de l’anonymat, affirment qu’il y avait un climat toxique qui sévissait à l’intérieur des murs du centre d’hébergement de New Carlisle depuis plusieurs années.
Cette cadre était en poste depuis une dizaine d’années.
«C’est au niveau de ses propos, de son arrogance. Elle est mesquine. Elle sait à qui s’attaquer. Elle s’attaque au plus faible. Elle va aller chercher le petit grain et elle va les faire pleurer», raconte un membre du personnel.
«Bien souvent, elle pouvait parler et te pointer du doigt sur un ton arrogant et sec. Elle avait beaucoup d’emprise sur certains employés aussi. Les employés vivaient du harcèlement et de l’intimidation. C’était vraiment un climat toxique. Quand il y avait des employés qui étaient demandés à son bureau, on voyait qu’ils étaient stressés. Ils y en a qui sortaient du bureau en pleurant. Il y a eu des démissions et beaucoup d’arrêts de travail», mentionne une autre.
«Elle nous faisait surveiller par d’autres employés pour savoir à quelle heure qu’on arrivait ou qu’on allait en pause, si on mangeait quelque chose durant nos quarts de travail. Quand elle venait, elle n’avait jamais de sourire», assure une employée, qui désire elle aussi protéger son identité.
Depuis l’automne dernier, pas moins de 14 plaintes auraient été déposées à l’endroit de la gestionnaire.
«Les gens se sentaient un peu comme des proies traquées sur le terrain. C’était invivable en contexte professionnel», révèle le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec, Pier-Luc Bujold.
Aux dires des personnes que nous avons rencontrées, ce n’était pas la première fois que la cadre se faisait rencontrer par les ressources humaines afin de corriger son comportement.
«Il y avait déjà eu un retrait de poste et elle avait été relevée de ses fonctions il y a maintenant quelques années», indique M.Bujold.
« C’était connu de part et d’autre qu’il y avait des problématiques qui sévissaient au niveau de l’établissement. Suivant les comités qui ont été mis en place, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas d’amélioration», fait savoir Pierre-Luc Boulay, le président du Syndicat personnel de soutien du CISSS de la Gaspésie.
Le réseau de santé, qui préconise la tolérance zéro envers les comportements violents, a confirmé par courriel qu’une enquête est en cours.
«Suite aux allégations qui nous ont été rapportées, le CISSS de la Gaspésie s’est assuré de faire les suivis appropriés. Ainsi, la gestionnaire a été suspendue avec solde, le temps qu’une enquête soit réalisée», a indiqué par courriel l’agente de planification, programmation et recherche et du Service des communications du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie, Cassandra Lévesque, qui ne peut commenter davantage l’affaire «afin de préserver l’intégrité du processus en cours».
«J’ai entendu dire qu’il y avait eu au moins quatorze plaintes. Ça c’est fin 2023, début 2024, et elle était toujours en poste quand même», déplore une de nos sources.
Les personnes avec qui nous avons parlé craignent de devoir la recroiser sur le plancher un jour ou l’autre.
« Quand elle est revenue en 2022, on pensait qu’il y aurait eu de l’amélioration. On a eu six à huit mois d’accalmie et les comportements ont recommencé», laisse tomber notre intervenante.
La cadre en question a refusé de répondre à nos questions.