Accès mobilité réduite : « un changement de culture s’impose »
Publié le 16 juillet 2024 à 11:07, modifié le 16 juillet 2024 à 14:54
Par: Félix Côté
Malgré les nombreuses améliorations depuis plusieurs années, il y encore trop peu d’accès pour les personnes à mobilité réduite en Gaspésie et les retards en construction n’aident pas.
La population est vieillissante et de plus en plus de personnes sont à mobilité réduite. Il y a des progrès quant aux endroits qui ont des accès pour ces personnes, mais ils sont encore trop peu.
« Surtout sur notre territoire Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, c’est encore difficile d’avoir un accès complet universel. Une accessibilité inclusive, il y a encore beaucoup de chemin à faire en Gaspésie là-dessus effectivement », explique le directeur général du Regroupement d’aide aux personnes handicapées Gaspésie-Îles-de-la-Madelaine, Ghislain Gagnon.
Les avancées sont importantes dans les services publics. Mais à l’inverse, l’accès pour les personnes handicapées est souvent l’aspect qui est mis de côté lors de dépassement de coûts. Un changement de culture s’impose, selon Ghislain Gagnon.
« Le handicap se produit lorsqu’on a une différence qui fait face à une société qui n’est pas inclusive. C’est ça le handicap. Donc, c’est là-dessus qu’il faut travailler lorsqu’on décide de construire. Est-ce qu’on ramasse tout le monde ou seulement 70-75 % de la population? », ajoute, Ghislain Gagnon.
Et dans le privé, trop peu d’entreprises de construction sont à jour par rapport aux normes et encore moins maîtrisent cette expertise, ce qui n’accélère pas la cadence de mise en chantier.
« On se rend compte souvent que leur expertise au niveau du code du bâtiment n’est pas nécessairement à jour », explique l’utilisatrice d’accès au personnes à mobilité réduite, Nacy Keurney.
Les entreprises et commerces auraient pourtant intérêt à se mettre aux normes, notamment pour pallier le manque de main-d’œuvre, mais aussi pour attirer un autre type de clientèle qui représente 22 % de la population Gaspésienne.
« Ça ne me prend pas grand-chose pour rendre l’accessibilité à une personne handicapée. On ajoute une petite rampe amovible, ça fait en sorte qu’il y a une autre clientèle qui peut fréquenter un établissement et, en même temps, ça fait une très belle visibilité pour l’entreprise qui sera accessible », précise Nancy Keurney.
Selon Ghislain Gagnon, le travail se fait évidemment sur plusieurs années. Les nombreux efforts sont salués… même si le changement de culture dans les institutions devrait déjà avoir eu lieu.