Ciment St Marys : carboneutre d’ici 2050?
Publié le 17 juin 2024 à 14:58, modifié le 17 juin 2024 à 16:07
Par: Félix Côté
La cimenterie St. Marys de Port Daniel veut être carboneutre d’ici 2050 et les environnementalistes sont sceptiques. L’usine qui a cumulé les manquements aux normes environnementales dans les dernières années dit avoir investi 80 millions $ sur trois ans pour devenir un modèle et veut être pionnière dans la production de ciment vert.
La cimenterie de Port-Daniel veut produire du ciment écoresponsable. Pour ce faire l’entreprise prévoit remplacer une partie de la recette par des composantes qui émettent moins de gaz à effet de serre comme le calcaire ou la pouzzolane.
« Il y a d’autres sources aussi bien naturelles de queue non naturelle qui nous permettrait de substituer un maximum de clinker qui est la source d’émissions de CO2 », explique le directeur des opérations de la cimenterie, Éric Fournel.
Selon le porte-parole du groupe Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron, un meilleur procédé est favorable. Mais si la demande augmente et que l’usine produit plus, aucun GES ne sera épargné.
« Là on va remplacer une petite portion du clinker par du calcaire brut. Donc au lieu que ce soit 90 %, c’est 80 % des émissions de CO2 du ciment. On gagne 10 % finalement. Est-ce que c’est significatif? Oui, mais quand on considère l’effet rebond, ça ne l’est pas du tout », mentionne M. Bergeron.
Les ambitions sont grandes selon le directeur des opérations et l’usine doit redorer son image ternie dans les dernières années en matière d’environnement. Il comprend que les sceptiques s’attendent à des preuves.
« C’est un gros challenge oui, mais c’est un challenge qui devra se faire avec les produits verts, le ciment vert et des combustibles à faible teneur en carbone ainsi que les innovations futures qui se produiront dans les prochaines années », ajoute le Éric Fournel.
Pour atteindre la carboneutralité, la cimenterie prévoit remplacer sa source énergétique. Adieu la coque de pétrole, bonjour la biomasse. Or, en termes d’efficacité énergétique, il faudrait raser plusieurs hectares de forêt pour subvenir au besoin de l’usine. Les émissions de GES seraient donc toujours présentes.
« Il y a de gros enjeux tout au long. Si on change le combustible à la cimenterie, il va falloir que ça passe par un BAPE. Parce que ce n’est plus le même procédé et nous, on veut savoir ce qu’ils vont prendre et qu’elles seront les impacts au niveau des rejets », déclare le porte-parole de l’organisme Environnement Vert Plus.
On ne sait pas quand la cimenterie dévoilera les détails de sa stratégie. Mais il semblerait que l’entreprise veut travailler en partenariat avec les localités pour développer des économies circulaires. Les sceptiques y voient plutôt une campagne de publicité.