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Grève du transport scolaire : un casse-tête pour les parents

Publié le 23 mai 2024 à 16:41, modifié le 23 mai 2024 à 16:45

Par: CIMTCHAU

Cette semaine, les chauffeurs d’Autobus Camille Mailloux RDL sont de retour sur les lignes de piquetage, plongeant les parents des régions de Rivière-du-Loup et du Témiscouata dans l’incertitude. Cette grève, qui devrait durer jusqu’au 18 juin inclusivement, suscite de vives réactions parmi les familles des 2000 élèves touchés.

Face à cette situation, certains font preuve de créativité pour assurer le transport de leurs enfants, comme cette mère, qui a modifié son horaire de travail : « J’arrête de travailler, je viens chercher les enfants et je retourne travailler après. »

D’autres mettent à contribution les autres membres de la famille, pour assurer le transport des élèves. « On est quand même une grande famille, alors on peut faire le relais un peu pour les lifts », explique le grand frère d’une élève, qui l’attend à la fin des classes. Plusieurs grands-parents sont aussi présents pour donner un coup de main. « Sa mère, comme elle ne peut pas venir la chercher aujourd’hui, c’est moi qui fais le taxi. Qu’est-ce que tu veux, on n’a pas le choix ! ».

Cependant, ces solutions temporaires ne suffisent pas à pallier les désagréments causés par l’absence des autobus scolaires. Plusieurs parents, rencontrés autour de l’École secondaire de Rivière-du-Loup à la fin des classes mercredi, ont témoigné des difficultés rencontrées. Plusieurs se désolent du trafic dans les zones scolaires et du manque de places de stationnement autour des écoles. D’autres dénoncent certains enjeux de sécurité pour les jeunes, en raison notamment du volume important de véhicules sur les routes. Bien évidemment, la plupart s’exaspèrent surtout du temps perdu pour assurer le transport des élèves, surtout ceux qui habitent hors des grands centres.

Les négociations entre les salariés et leur employeur ont repris hier matin, sans progrès notable. Le syndicat reproche à Sogesco, l’entreprise mère d’Autobus Camille Mailloux, d’avoir octroyé des augmentations de salaire indécentes à ses dirigeants, alors que les chauffeurs font face à des conditions de travail précaires. « Le président-directeur général de Sogesco s’est octroyé une augmentation de salaire de 30 %. [C’est une augmentation de] 114 000 $ entre 2022 et 2023 ! », s’insurge Josée Dubé, présidente du secteur transport scolaire à la FEESP–CSN. Elle précise que ces augmentations ont été octroyées à même des sommes allouées par le gouvernement provincial, en bonification de contrats. « On ne peut pas plier. C’est notre argent. Il y a une juste part qui doit absolument aller dans nos poches. »

Actuellement, la question salariale reste au cœur des négociations. « Le point majeur, on le sait, ce sont les salaires », souligne Martin Plourde, président du Syndicat du transport de la région Grand-Portage-CSN. « On ne demande pas la Lune. »

Cette fois-ci, les chauffeurs d’autobus sont déterminés à aller jusqu’au bout pour que leurs demandes soient entendues. La situation pourrait s’aggraver si aucun accord n’est trouvé. « À l’automne, ça va exploser, et si ça explose, ça va probablement exploser en grève générale illimitée », prévient Josée Dubé. « Il y a encore du temps. Demain matin, ils peuvent faire une offre qui a de l’allure, intelligente. On est prêts. Mais on ne se laissera pas faire. »