Les enjeux régionaux et la désinformation au cœur des préoccupations de la 2e édition du festival international de journalisme
Publié le 22 mai 2024 à 10:54, modifié le 22 mai 2024 à 10:54
Par: Alex Delcourt
Le festival international de journalisme a eu lieu cette fin de semaine à Carleton-sur-Mer.
Plusieurs centaines de personnes se sont réunies à l’occasion de l’événement. L’information régionale et l’importance du journalisme d’aujourd’hui et de demain faisaient partie des sujets priorisés.
Deux conférences avaient pour thème l’information régionale, alors que la crise des médias touche particulièrement les milieux ruraux. Dans l’Est-du-Québec, c’est 19 médias qui ont fermé leurs portes dans les 15 dernières années.
L’une des préoccupations est leur problème financier.
« Des solutions miracles, je pense qu’on n’en a pas. On en cherche. C’est sûr que le modèle d’affaires actuel ne fonctionne plus ou moins. On voit une érosion de l’information régionale », explique la présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) de l’Est-du-Québec, Johanne Fournier.
Elle pense quand même que certaines solutions sont envisageables. Selon madame Fournier, il est encore possible de convaincre des publicitaires de s’intéresser aux médias régionaux, alors que ce sont eux qui couvrent les événements de la région, et non Facebook.
La réalité du journalisme d’aujourd’hui et de demain préoccupe également certaines actrices du milieu. La désinformation étant au cœur du problème.
« Il y a tellement de désinformation. Je trouve que ça devient presque intolérable. C’est vraiment l’un des plus gros défis auquel on fait face, maintenant, les journalistes », lance Céline Galipeau, journaliste depuis plus de 40 ans.
Johanne Fournier renchérit dans la même lignée : « Ce qu’on voit c’est que les jeunes s’informent peu par les médias traditionnels maintenant. Ils s’informent beaucoup plus par les réseaux sociaux. On sait que sur les réseaux sociaux, il y a énormément de désinformation. »
L’éducation jouerait un rôle primordial dans cette lutte contre les fausses informations. La présidente de FPJQ fait déjà le tour des écoles pour essayer de sensibiliser les jeunes sur la crédibilité des sources et le métier de journaliste. Selon elle, il n’y a pas que les journalistes qui doivent mettre l’épaule à la roue.
« Déjà, je pense que le gouvernement comprend, le ministère de l’Éducation, en subventionnant des programmes comme le centre québécois de l’éducation média et d’informations, mais il pourrait en faire plus aussi pour déjà éduquer la population et les jeunes à l’école. Ça doit commencer jeune. »
Pour Céline Galipeau, c’était important de venir véhiculer son expérience à la population et de permettre une certaine proximité entre les citoyens et les journalistes.
« J’étais très contente d’avoir une invitation parce que c’est rare que nous, les journalistes, on ait l’occasion de partager notre métier, de partager nos connaissances ou notre expertise avec du public. »
Avec un autre succès cette année, une troisième édition serait inévitable l’an prochain. L’objectif étant toujours de faire rayonner le journalisme et provoquer des réflexions.