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Redoubler pour repartir sur de meilleures bases? Une solution selon la mère d’une jeune fille.

Publié le 21 mai 2024 à 16:28, modifié le 22 mai 2024 à 08:23

Par: Louis-Philippe Morin

Devant les difficultés scolaires de sa fille, une mère de Campbellton lance un cri du cœur et propose que cette dernière puisse redoubler une année scolaire. Et cette demande n’est pas la première de ce genre par la maman. Maryse Gauvreau, affirme qu’elle fait ces demandes, auprès du District scolaire francophone du Nord-Est, depuis que sa fille est en première année. L’élève qui est désormais en sixième année souffre d’un TDAH qui, selon sa mère, lui cause un retard scolaire irréparable.

« Il faut qu’il la garde en sixième année. Ils doivent lui donner de l’aide afin qu’elle puisse apprendre à avancer. Tu ne peux pas avancer et faire une fondation pour faire une maison quand t’as juste pas la base. », lance directement Marye Gauvreau.

L’image est frappante. Maryse Gauvreau n’est pas une experte scolaire ou une orthopédagogue bachelière… Elle est simplement une maman allumée qui voit bien que sa fille, Thalie 11 ans, est atteinte d’un TDAH qui retarde son apprentissage.

« On la fait avancer pour son estime personnelle. Mais, l’estime personnelle, elle n’en a plus, ça fait longtemps. Elle voit que tous les autres avancent, et elle pédale encore pour essayer de rattraper ses amis. », déplore la maman désolée de la situation.

Depuis son entrée au primaire, la mère demande à ce que sa fille redouble une année… question de lui donner la chance de mieux repartir. Elle nous confirme que sa fille vient presque d’apprendre à lire, que sa résolution mathématique est sous la normale… Mais, malgré ses demandes répétées, la maman se bute au système scolaire néo-brunswickois qui ne l’entend pas ainsi et qui, on le sent bien, jongle avec une patate chaude.

« Jusqu’à maintenant, j’ai eu deux téléphones et ils ont dit qu’ils allaient me rappeler. C’est tout ce que j’ai su. Tu me parlais d’une rencontre… Il y a une rencontre qui est supposé avoir lieu… Qui devait avoir lieu la semaine dernière et qui n’a pas eu lieu. Ils ont dit que ça serait probablement vendredi cette semaine… Ce que j’ai su, tantôt, par téléphone, c’est que ça ne serait pas cette semaine encore… Probablement la semaine prochaine. », soupire madame Gauvreau… déçue, évidemment, de ce dédale administratif.

Le cas de Maryse Gauvreau n’est pas unique. Nous avons échangé avec le centre de l’autisme du Restigouche, un peu plus tôt… et ceux-ci nous confirment que plusieurs parents lancent régulièrement des cris du cœur. Par contre, ils ne se sentent pas écouté.

« Elle a besoin d’avoir quelqu’un avec elle pour l’aider aider à se concentrer et à rester focus sur ses choses. Mais, un seul professeur avec le nombre d’élèves, ce n’est pas évident. », note la maman.

Quant aux principaux concernés, les décideurs du district scolaire francophone du Nord-Est, on nous a fait parvenir un courriel dans lequel on nous explique que de nombreuses recherches démontrent qu’il existe une relation directe entre le redoublement des années d’études et le décrochage scolaire. De plus, on soutient que, dans la très grande majorité des cas, le redoublement d’années d’études ne constitue généralement pas un bon moyen pour un élève d’atteindre les habiletés de base ou les résultats d’apprentissage ciblés. Selon les chercheurs, le redoublement a un effet négatif sur l’ajustement social des élèves ainsi que sur leur attitude envers l’école, leur comportement et leur assiduité. Entre temps, voyons voir si l’acharnement de cette mère réussira à vaincre la manière de penser des experts scolaires.