Violence et harcèlement: une peine de 36 mois de détention pour Bruno-Pierre Godbout
Publié le 1 mai 2026 à 11:00, modifié le 1 mai 2026 à 11:28
Par: Patrick Giguère
Bruno-Pierre Godbout a été condamné vendredi matin à une peine de 36 mois d’emprisonnement pour des gestes de violence et de harcèlement commis à l’endroit de trois femmes entre 2013 et 2021.
Le juge Richard Côté a rendu, au palais de justice de Percé, une sentence qui se rapproche de celle demandée par la défense.
Lors des représentations sur la peine, en mars dernier, la poursuite, représentée par Me Marie-Laurence Rondeau, réclamait une peine de six ans d’incarcération, moins 17 mois de détention préventive.
Elle a insisté sur la gravité des gestes, leur répétition sur plusieurs années et leurs conséquences importantes sur les victimes.
De son côté, la défense, assurée par Me Ariane Cayer, plaidait pour une peine de 30 mois.
Elle a notamment évoqué le plaidoyer de culpabilité de l’accusé, la reconnaissance des gestes, les regrets exprimés ainsi que les démarches de réhabilitation entreprises.
Dans sa décision, le magistrat a pris en considération les mauvais traitements infligés aux trois victimes, la multiplicité des infractions, leur étalement sur une longue période, ainsi que le caractère envahissant des agressions sexuelles et leurs lourdes répercussions psychologiques.
À l’inverse, le juge a retenu comme facteurs atténuants le plaidoyer de culpabilité, les regrets exprimés, la reconnaissance des gestes et le fait que l’accusé est considéré comme une personne active dans la société.
Les démarches de réhabilitation ont également été prises en compte.
Avant le prononcé de la peine, le magistrat a demandé à l’accusé s’il souhaitait s’exprimer. Ce dernier a tourné la tête et a répondu par la négative.
Le 20 janvier dernier, à l’ouverture de son procès, Godbout avait plaidé coupable à six des douze chefs d’accusation portés contre lui : une agression sexuelle, une agression armée, deux voies de fait et deux chefs de harcèlement criminel.
Les autres accusations ont été abandonnées, la poursuite indiquant ne pas avoir de preuve à présenter.
Selon les rapports d’évaluation, le risque de récidive est jugé modéré.
Le juge a ordonné à l’accusé de suivre toute thérapie en lien avec des problématiques de toxicomanie, de violence et d’agression sexuelle, selon les directives des autorités compétentes.
Il lui est également interdit de posséder des armes pour une période de dix ans.
Bruno-Pierre Godbout ne pourra communiquer avec les victimes ni se trouver en leur présence, de quelque manière que ce soit.
Il devra fournir un échantillon d’ADN et sera inscrit au Registre des délinquants sexuels pour une durée de vingt ans.
Comme l’homme est détenu depuis le 15 avril 2025, et en tenant compte du crédit pour détention préventive, il lui reste environ 17 mois à purger.
L’avocate de la défense, Me Ariane Cayer, a poliment décliné notre demande de réaction, se contentant d’indiquer que la peine était satisfaisante à ses yeux.
Autres dossiers reportés
En ce qui a trait aux trois chefs d’accusation découlant d’une enquête du Commissaire à la lutte contre la corruption, l’affaire a été reportée une fois de plus au rôle criminel du 26 mai, au palais de justice de Percé.
L’avocate de M. Godbout a indiqué au tribunal que les discussions se poursuivent et qu’une suggestion pourrait être conclue.
L’enquête tend à démontrer qu’entre le 1er février 2021 et le 31 juillet 2021, alors qu’il agissait à titre de maire suppléant de la Ville de Chandler, M. Godbout aurait produit et utilisé de fausses demandes de remboursement de frais.
Le montant de la fraude est estimé à environ 10 000 $, selon l’UPAC.