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L’usine de biométhanisation se tourne vers le gaz comprimé

Publié le 19 mars 2019 à 13:03, modifié le 21 mars 2019 à 14:06

Par: Charles Laverdière

Les actionnaires de l’usine de biométhanisation et l’entreprise Énergir ont annoncé la signature d’une entente de 20 ans entre les deux partis.

L’usine de biométhanisation de la région de Rivière-du-Loup change d’orientation. Incapable de produire du gaz naturel liquéfié, l’usine produira et vendra du gaz naturel comprimé. Pour se faire, un investissement de 2,3M$ sera requis, entre autre pour l’achat d’un compresseur.

L’entente est d’une durée de 20 ans. Le marché offert par le gaz comprimé, beaucoup plus lucratif que celui du gaz liquéfié, devrait permettre à la SÉMER d’engendrer des profits et de réduire son déficit, enregistré à 5,2 M$ lors du bilan du 31 décembre 2017. «Je pense que c’est une très bonne nouvelle aujourd’hui. Avant on assumait nos responsabilités environnementales et on avait un défi économique. Aujourd’hui on continue d’assumer nos responsabilités environnementales et on a une réponse économique» de dire le président de la SÉMER, Michel Lagacé. Le gaz liquéfié se vend 50 sous du mètre cube, tandis que le gaz comprimé se vend 20 sous de plus. Selon la SÉMER, ce changement de cap pourrait générer des revenus annuels additionnels de 700 mille dollars.

«Ce marché là en fait est très attrayant. […] Donc à ce moment-là ce qui a été étudié, c’est de le comprimer, qui était le plus économique pour l’amener dans le réseau. Ça aurait pu être liquide, mais le comprimé c’est ce qu’il y a de plus économique.» explique le vice-président développement et construction d’Énergir, Étienne Champagne.

Le plan et les revenus présentés par la SÉMER sont toutefois conditionnels à l’obtention de certains critères, dont le nombre de matières putrescibles envoyées à l’usine. En 2020, 100% des matières putrescibles devraient être détournées vers l’usine. «Dans notre plan d’affaires à nous, quand on dit que les chiffres sont hypothétiques. Oui effectivement ils sont hypothétiques. Mais les citoyens de la MRC de Rivière-du-Loup, comme ceux qui sont sous entente avec nous vont avoir l’obligation de détourner 100% des matières putrescibles.» de raconter Michel Lagacé. La mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vignet, croit elle aussi que l’objectif d’enfouir la totalité des matières putrescibles en 2020 aideront la SÉMER à honorer sa partie du contrat. Le plan d’affaire initial prévoyait que 25 000 tonnes de matières seraient détournées chaque année. En date d’aujourd’hui, l’usine en totalise 11 600, soit 3 600 provenant du résidentiel, et 8 000 provenant de l’industriel. Environnementalement parlant, ce procédé est 21 fois moins polluant que les sites d’enfouissement, puisque les résidus dans ces endroits produisent du méthane et donc, du gaz à effet de serre.

L’idée de produire du gaz liquéfié a été mis en suspens, mais elle n’a pas été écartée par les actionnaires de la SÉMER. «On a une usine qui est capable de fabriquer deux produits. Donc on a une entente à long terme pour s’assurer de la viabilité à long terme de l’usine, mais advenant le cas qu’on pourrait avoir une rentabilité augmentée, c’est sûr qu’on va passer de l’avant et aller vers le liquéfié.» de dire le président de Terix Envirogaz, Éric Tremblay.

Le projet devrait être opérationnel d’ici la fin de l’année. À l’origine prévue au coût de 15M$, l’usine avait finalement coûté 28M$. Cette hausse était entre autre due à la hausse des prévisions de production de l’usine.