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Une organisation déficiente du travail épuiserait des employés syndiqués à Pohénégamook

Publié le 13 octobre 2021 à 09:29, modifié le 13 octobre 2021 à 09:33

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui défend les intérêts de travailleurs syndiqués de la Ville de Pohénégamook, dénonce des problèmes d’organisation du travail qui épuiseraient les employés. Le syndicat critique également la lenteur des négociations devant mener à la signature d’une nouvelle convention collective.

Le conseiller syndical pour la région du Bas-Saint-Laurent du SCFP, Yanick Proulx, explique que des départs et des changements de garde fréquents à la Ville depuis quelques années ont mené à une organisation du travail déficiente.

« Il y a eu, jusque dans les tout derniers mois, beaucoup de roulement de personnel au niveau de la direction. La direction des travaux publics qui a changé quelques fois, une nouvelle direction générale. Ce contexte-là met beaucoup de pression sur nos gens qui sont là depuis un certain nombre d’années en termes de prestation de service. Ils doivent mettre les bouchées doubles parce que l’équipe de direction est en apprentissage », explique-t-il, précisant que certaines absences à la Ville étaient importantes et appelées à s’étirer dans le temps.

Échue depuis le 31 décembre 2019, la convention collective de la douzaine d’employés syndiqués n’a toujours pas été renouvelée.

« L’employeur dit qu’il veut négocier avec nous, mais refuse d’entendre quoi que ce soit quand on parle d’organisation du travail parce que j’imagine qu’il y a une question d’orgueil au niveau de l’équipe de direction. » – Yanick Proulx, conseiller syndical de la SCFP

Le conseiller syndical lance une flèche au conseil municipal sortant de la Ville, qui, selon lui, n’en a pas fait suffisamment pour régler le problème.

« On nous répond toujours qu’on est sur des pistes de solutions, qu’on va faire quelque chose, mais finalement il ne se passe rien. Nos gens sont en attente, ils veulent qu’on s’occupe d’eux, qu’on règle la question de leurs conditions de travail, du climat de travail et de l’organisation du travail. Malheureusement ça n’aura pas été une priorité du conseil municipal sortant », critique-t-il.

La Ville, en raison notamment de ce problème d’organisation du travail, a notamment dû embaucher une firme externe pour la gestion des eaux, ce qui ferait perdre des milliers de dollars à Pohénégamook.

La mairesse Labonté répond

La mairesse Louise Labonté ne cache pas qu’elle n’a pas apprécié la sortie du syndicat, dans un contexte de négociations de la convention collective.

« La confrontation comme on est parti présentement, ça ne mènera à rien. Ça va seulement envenimer des situations déplorables et ce qu’on veut c’est les régler et trouver des solutions. » – Louise Labonté, mairesse de Pohénégamook

Néanmoins, la mairesse, qui ne sera pas de retour sur les bulletins de vote en novembre prochain, confirme que des changements importants sont survenus au niveau du personnel, récemment.

« Au niveau administratif, c’est certain qu’il manque encore un greffe depuis quelques mois et la direction générale supporte le mieux possible à travers ses autres tâches, ses autres responsabilités, au niveau du manque de ressources », explique-t-elle.

Elle rapporte également que le cadre responsable de la gestion des eaux doit s’absenter, ce qui a forcé la Ville à se tourner vers une firme externe. « C’est une personne compétente qu’on apprécie beaucoup. Présentement, elle est en congé maladie, mais les dernières nouvelles c’est que ça va mieux et qu’il devrait revenir au travail bientôt », ajoute celle qui est en poste depuis 2009.

Quant aux allégations d’épuisement au travail des syndiqués, la mairesse y voit une stratégie de négociations.

« Je ne sais pas au niveau de la désorganisation d’où ça vient, mais vous savez, on est dans un processus de négociation donc c’est le jeu de la partie syndicale d’accuser la partie patronale et moi je n’embarque pas là-dedans. Je me dis que pour régler, il faut s’asseoir et il faut se parler », pense-t-elle.

Un médiateur fera bientôt son entrée dans ce dossier et les deux parties espèrent en venir rapidement à une entente. « C’est un nouvel élément, donc on doit attendre les disponibilités et savoir qui va être nommé et on n’a pas l’information pour l’instant », conclut Mme Labonté.

Photo : site Web de la Ville de Pohénégamook