Un potentiel projet de gazoduc soulève des inquiétudes chez les élus
Publié le 8 septembre 2025 à 16:51, modifié le 8 septembre 2025 à 17:17
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick souhaite toujours la construction d’un gazoduc transprovincial. Une idée qui suscite des réactions au KRTB.
Dix ans après l’abandon du projet d’oléoduc Énergie Est, l’idée de construire un gazoduc est relancée. Selon Radio-Canada, Fredericton est en discussions avec deux entreprises. Le pipeline relierait le réseau gazier de l’Ouest canadien, qui s’arrête à Lévis, à celui du Nouveau-Brunswick en traversant le Bas-Saint-Laurent. Plusieurs élus de la région, qui affirment ne pas avoir été mis au courant, accueillent l’idée avec scepticisme.
« À brûle-pourpoint, comme ça, je ne sais pas si nos citoyens seraient très très enchantés. », affirme Mario Bastille, le maire de Rivière-du-Loup.
« Je peux vous dire, d’ores et déjà, que dans le fond, quand on fait un projet, ça prend l’acceptabilité sociale et puis, il faut voir aussi les impacts économiques, environnementaux et sociaux. », déclare la députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata-Les Basques, Amélie Dionne.
Les enjeux environnementaux sont cœur des préoccupations.
« Pour nous, ce n’est pas un projet qui a vraiment de la pertinence et de l’acceptabilité. Non plus, de raison d’être ou de justification à l’heure des changements climatiques où on se situe maintenant. Ce serait un anachronisme de construire une nouvelle infrastructure. », révèle le directeur général du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin.
« C’est pas un choix responsable donc, pour ma part, aucun intérêt. », exprime le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé.
En plus des critiques sur l’énergie fossile, des inquiétudes pour l’environnement immédiat son évoquées.
« Notre population tient à protéger son environnement. Je pense que les lacs au Témiscouata, c’est d’une importance capitale, et il faut les sauvegarder comme nos sources d’eau potable aussi, au niveau des municipalités. », déclare Serge Pelletier, le préfet de la MRC de Témiscouata.
« Il y a aucun avantage pour nous. nous, ce qui est important, c’est de protéger notre source d’eau et de protéger notre environnement. », affirme le maire d’Edmundston, Eric Marquis.
Si l’idée refait surface, c’est notamment en raison du contexte géopolitique tendu avec les États-Unis. Le nouveau gazoduc constituerait une route complètement canadienne en plus de permettre l’exportation du gaz naturel en Europe, à partir du port de Saint-Jean.
« On comprend bien l’intérêt du gouvernement canadien et de certains gouvernements provinciaux de vouloir s’ajuster à la nouvelle réalité géopolitique avec nos voisins du Sud. Très bien. Maintenant, il faut se tourner vers des vraies solutions du XXIe siècle. Si on veut choisir de réagir à cette nouvelle réalité là, il faut le faire avec les énergies renouvelables et non les énergies fossiles. », explique Patrick Morin.
« Le temps de construire, eh bien, monsieur Trump ne sera plus là. », ajoute Michel Lagacé.
Des inquiétudes face aux dangers d’explosion sont également soulevées.